‹ L'évolution de la morale; leçons professées pendant l'hiver de 1885-1886Chapitre 213 sur 375 · Liv. II, v · texte numérisé non relu

Liv. II, v

L'adultère commis avec la femme du maître spirituel est l'objet d'une punition spéciale *.

Ces antiques législations se sont faites lentement, de pièces et de morceaux ; les interpolations n'y sont pas rares, par suite les contradictions, les contrastes y fourmillent. Certains articles ont un caractère sauvage, d'autres sont empreints d'une certaine noblesse. Il faut ranger, par exemple, à côté du respect pour l'initiateur moral la défense de tuer une femme ou un enfant, de nuire à un ami, de rendre le mal pour le bien, de faire une déposition fausse : tout cela sous peine dé l'enfer 2. Notons encore la glorification de rhommequiremplitsesdevoirssans attendre de récompense* et l'exhortation à désirer le bien de toutes les créatures, à ne pas infliger aux êtres animés les peines de l'esclavage et de la mort4.

Avec ses défauts et ses qualités le code théocratique des brahmanes a été en vigueur pendant une longue série de siècles ; il Test même encore, en dépit de l'intrusion européenne dans l'Inde. Il est donc intéressant de voir quels résultats moraux a produits ce si long dressage. Sûrement, comme le font toutes les disciplines longtemps continuées, il a développé le sentiment du devoir et habitué les Hindous à se maîtriser ; mais, par son caractère clérical, il a faussé le sens moral, en déclarant tantôt mauvaises et délicteuses, tantôt obligatoires, des actions ou insignifiantes ou absurdes ; enfin le régime des castes, la tyrannie des rajahs et la prépotence des brahmanes ont brisé le ressort mental de la race. Les missionnaires français du xvie siècle, les voyageurs modernes, les travaux de certains juristes

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