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l'origine des penchants moraux 49
présence d'une autre poule, à laquelle ne les liait aucune dette de reconnaissance, ils hésitèrent beaucoup à l'attaquer, paralysés qu'ils étaient par le conflit entre leur instinct sanguinaire et l'habitude acquise *. Chez les animaux comme chez les hommes, il arrive souvent qu'on se hait moins quand on se connaît mieux.
Dans les pampas de l'Amérique du Sud, nous dit P. Mantegazza, c'est en faisant allaiter déjeunes chiens par des brebis que l'on forme des chiens de berger attachés à leur troupeau. Cependant, par surcroît de précaution, on les soumet à la castration afin qu'aucune passsion perturbatrice ne les vienne distraire de leur devoir '.
Ces tendances artificielles, si variées, que l'homme sait créer de toutes pièces chez le chien, peuvent aussi se former d'elles-mêmes par le seul fait des circonstances, et il en peut résulter un instinct héréditairement transmissible,par conséquent tout à fait analogue aux penchants, dont la genèse est inconnue, et que Ton nomme instincts naturels.
On a vu, par exemple, l'horreur des bouchers se léguer héréditairement dans une famille de chiens, tout à fait comme les terreurs instinctives, dont nous avons cité des exemples 3. À ce propos, une circonstance est à noter, c'est que, chez le chien du moins, les sentiments de sympathie ou d'antipathie, basés sur le souvenir de quelque aventure personnelle, ont facilement pour objet tout un groupe d'hommes exerçant la même profession ou ayant le même uniforme. Ranimai ne particularise pas : il aime ou hait en bloc toute une catégorie d'individus. Nous avons parlé d'un chien qui haïssait les bouchers. Franklin nous raconte l'histoire d'un petit épagneul, appelé Peeler, qui, sauvé par un policeman