Plutarquc, Solon, t. XLIl
Mais ce fut surtout à Rome que le primitif droit du père de famille s'exerça légalement dans toute sa dureté. Tout le personnel familial, comprenant la femme, les enfants, les esclaves, devait au maître une obéissance absolue. Dans le principe, ce dernier pouvait également vendre ou mettre à mort son enfant, son esclave, sa femme, si elle était in tnanu c'est-à-dire assimilée à ses filles, loco filiae. Cette puissance paternelle du mari sur sa femme ne résultait pas des « justes noces » ; elle s'y ajoutait par usu, farreo, coemptione, par simple cohabitation continue pendant une année *. La loi confondait aussi le fils adulte avec les meubles, le bétail, les esclaves 2. Jusqu'à Alexandre Sévère, un consul de cinquante ans pouvait légalement être mis à mort par son père ; sans doute ce droit sauvage était tombé en désuétude, mais il ne fut abrogé qu'alors. — Jusqu'à Antoine le Pieux, le père de famille put à volonté marier ou démarier safille; ce dernier droit ne lui fut enlevé que sousDioclétien3.
Seules, l'émancipation d'abord et plus tard la dignité de patricien, quand elle leur était conférée, soustrayaient les fils à l'omnipotence paternelle (Instituées, liv. I, titre xii, 4, 60).
En compensation, le père était responsable des dommages causés à autrui par ceux qui étaient en sa puissance ; mais il pouvait s'acquitter en donnant in mancipio le fils ou l'esclave, cause du dommage4.
1* Cubain, Lois civiles de Rome p. 131, 180, 181.