‹ L'évolution de la morale; leçons professées pendant l'hiver de 1885-1886Chapitre 240 sur 375 · III. — l'infanticide et l'avortement · texte numérisé non relu

III. — l'infanticide et l'avortement

Tout cela est bien grossier. La manière dont furent primitivement traités les enfans nés ou à naître, ne Test pas moins. L'infanticide, l'exposition des enfants furent d'abord tout à fait licites. A Sparte, le nouveau-né était apporté par son père aux anciens, qui, s'il était bien conformé, lui reconnaissaient le droit de vivre et lui assignaient un lot de terre ; dans le cas contraire, on le jetait dans une fondrière, appelée les Apothètes j.

A Rome, l'exposition des enfants difformes et même des filles, si on en avait déjà une, était autorisée *, aux termes d'une vieille loi de Romulus, qui prescrivait au père d'élever tous ses enfants mâles et au moins sa fille atnée jusqu'à l'âge de trois ans.

En Grèce, l'infanticide était si commun, que Polybe lui attribue la dépopulation des villes et des campagnes 3.

Aristote veut que l'on n'élève pas les enfants difformes, que l'on réglemente la natalité, que l'on fasse au besoin avorter les femmes, « avant que leur fruit ait donné signe de vie4. »

A Rome, des enfants étaient couramment exposés au pied d'une colonne, près du Velabrum. Là, des spéculateurs les recueillaient pour en faire des esclaves ou des prostituées 5.

Sous Constantin, diverses lois protectrices furent promul-

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