Hérodote, t. VII
3. Plutarque, Quest. G?*œc, t. XVII (Voir Méoard, loc. cit. .
4. Friedlœndcr, Mœw*s romaines, etc., t. IV, p. 441.— Aristote, Politique
Ge dernier démontre la parfaite légitimité de l'esclavage : « Parmi les êtres créés, les uns, au moment même de leur naissance, sont destinés à obéir, les autres à commander *. » — « Tous les êtres, entre lesquels il y a autant de différence qu'entre l'àme et le corps, entre l'homme et l'animal, sont esclaves par nature. Pour eux, la ^servitude est juste et utile 2. » — « On ne doit pas s'efforcer de réduire en servitude tous les hommes indifféremment, mais seulement ceux qui y sont destinés, de même qu'on peut se procurer les moyens de pourvoir à un repas d'appareil ou à un sacrifice, en allant à la chasse du gibier ou des bêtes fauves, mais non pas en immolant les hommes 3. » — « II est nécessaire que les laboureurs soient ou des esclaves, ou des barbares, ou des périœciens 4. » Déjà pourtant certaines consciences, moralement plus délicates, protestaient ; c'est même en grande partie pour les réfuter qu'Aristote fait ses raisonnements 5.
Dans sa manière d'envisager la servitude et de traiter les esclaves, Rome a été au moins aussi abominable que la Grèce.
Tout d'abord, aussi, le nombre des esclaves fut assez restreint dans la Rome primitive ; chaque propriétaire en avait un ou deux pour l'aider dans ses travaux agricoles 6. Ce furent les conquêtes et la piraterie, qui déversèrent sur l'Italie un flot d'esclaves. L'ile de Délos était un grand centre de commerce d'esclaves. A l'entrée et à la sortie de son port, le mouvement quotidien d'esclaves se chiffrait par milliers 7. Sur le continent, les prisonniers barbares, considérés