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encore que celle de la femme : ce n'était pas pour elles que
la chevalerie avait été inventée.
En Europe, comme ailleurs, l'esclavage remonte à une haute antiquité ; et, comme partout aussi, en Gaule et chez les Germains, les prisonniers de guerre, les criminels, les débiteurs insolvables, etc., alimentaient la classe servile. Comme partout encore, ces esclaves était considérés comme des choses ; on les pouvait vendre, estropier, tuer, à volonté. Les colom étaient, dans le principe, les membres les plus pauvres des anciens clans ; ils devinrent serfs, quand les Romains reconnurent aux chefs la qualité de propriétaires du territoire jadis commun. Le colon avait action en justice, pouvait se marier, être enrôlé ; on ne devait pas le séparer de sa femme et de ses enfants, mais il était attaché à la glèbe et on l'y ramenait de force, s'il s'enfuyait1 : c'était un esclave immeubler. Anastase et Justinien étendirent le servage à tout l'empire romain, en décrétant que les colons, autres que les esclaves, qui auraient cultivé une terre pendant trente ans sous le nom d'ascriptices, y seraient attachés à perpétuité, eux et leur postérité, mais continueraient à être libres -. Avec le temps, la différence entre esclaves et serfs finit par devenir faible. Ainsi, en 1086, quand Guillaume le Conquérant fit dresser un état des terres d'Angleterre, on fit figurer, dans le dénombrement, les serfs de chaque fief à côté des pourceaux, des bœufs et des brebis 3.
En théorie pourtant, le serf pouvait rompre les liens qui l'attachaient à la terre, en en faisant abandon après un an et un jour ; mais il était dès lors vagabond, « sans aveu », soumis à des lois extrêmement rigoureuses.
Le clergé, non seulement tolérait l'esclavage, mais en