‹ L'évolution de la morale; leçons professées pendant l'hiver de 1885-1886Chapitre 275 sur 375 · lbid., p · texte numérisé non relu

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Le système des amendes se généralisa sans peine ; car les seigneurs féodaux les préféraient aux châtiments corporels qui n'augmentaient pas leurs revenus *.

La justice féodale devait punir, mais aussi s'interposer, en cas de meurtre, par exemple, et faire conclure des trêves ou des paix. Le meurtrier en fuite ne pouvait rentrer dans la ville qu'après s'être réconcilié avec les parents de la victime. Le représentant de la famille lésée était dit en faide ; il avait le droit de sortir en armes ; rencontrait-il le meurtrier dans la ville, il devait d'abord en prévenir la commune, qui faisait expulser le coupable ; mais, à la seconde rencontre, le bourgeois pouvait impunément exercer son droit de vengeance *. La paix se concluait en grande cérémonie ; l'élu de la famille du coupable se présentait, pieds et tête nus, rendait Tépée aux parents de la victime et les embrassait. Pour la composition à payer, les parents du coupable devaient se cotiser selon leurs moyens.

Les juges, dans toute l'affaire, n'étaient guère que des témoins 3 réglementant le talion.

Parfois, à l'époque carlovingienne, on était, pour certains crimes, mis hors la loi ; alors on était fait loup et Ton pouvait être traité comme tel4.

Il y avait parfois des responsabilités collectives ; ainsi en Angleterre, sous Edouard le Confesseur, chaque guilde (gyld) était responsable des crimes de ses membres.

Le vol était, comme dans toutes les justices primitives, sévèrement puni, le plus souvent de mort, et il en fut ainsi presque jusqu'aux temps modernes. L'article 40 du code de Oharles-Quint condamne à la potence la plupart des voleurs,

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