‹ L'évolution de la morale; leçons professées pendant l'hiver de 1885-1886Chapitre 276 sur 375 · lbid.t p · texte numérisé non relu

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i. Rambaud, loc. cit., p. 106.

mais veut (art. 46) que les voleurs de grand chemin soient « rompus vifs et laissés mourir sur la roue » .

En Angleterre, on punit d'abord les plus petits vols par l'amputation du pouce, d'une oreille, d'un pied ou d'une main ; mais, pour les vols quelque peu importants, la peine capitale fut très longtemps en usage. D'après le statut IV de Georges Ier, la punition du grand larcin, c'est-à-dire d'un vol au-dessus de douze souS, est régulièrement la mort.

Contre les voleurs, nos anciennes lois françaises n'étaient pas plus douces. En cas de flagrant délit, la peine capitale était immédiatement prononcée *. La mort simple ne suffisait même pas toujours : En 1460, une femme fut enterrée toute vive à Paris, « pour avoir commis plusieurs larcins *».

En 1661, un jeune homme, pour avoir volé, la nuit, dans des jardins, des fruits et des volailles, à Chessy (Seine-et- Marne) dut faire amende honorable, en chemise et la torche au poing ; puis il fut battu de verges par les carrefours et enfin banni pour six ans3. Des coutumes bizarres tempéraient parfois la rigueur des lois ; ainsi, à Paris une jeune fille pouvait arracher un voleur à la potence, en demandant à l'épouser ; le fait se produisit en 1419 4.

Des crimes et délits, pour lesquels l'antiquité grécoromaine avait été fort indulgente, furent sévèrement punis dans l'Europe barbare. Dès le vne siècle, on édicta contre l'infanticide ou l'avortement la peine capitale ou la perte de la vue. Contre l'avortement, la constitution Caroline (Charles-Quint) décrète la mort et il en était de même dans l'ancienne France. La peine capitale frappait aussi l'infanti-

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