‹ L'évolution de la morale; leçons professées pendant l'hiver de 1885-1886Chapitre 278 sur 375 · p. 436. — Giry, loc. cit., p. J · texte numérisé non relu

p. 436. — Giry, loc. cit., p. J

Les épreuves judiciaires, « le jugement de Dieu », les ordalies, en usage chez tant de peuples sauvages de toute race, furent, on le sait, fort en honneur aussi dans TEuropt barbare.

Mais ce qui surtout donne un caractère affreux aux mœurs judiciaires de nos ancêtres, c'est la question, la torture, et l'abus qui en était fait. La question a été ou est encore usitée dans plus d'une contrée barbare ; les Grecs et lesRomains y recoururent quelquefois, mais la pratique n'en fut jamais généralisée par eux, comme elle le fut en Europe, quelques siècles après l'introduction et le triomphe du christianisme.

On appliquait la question avec une extraordinaire facilité, sur des indices, sur un témoignage (ordonnance de 1454). Il faut enfin se rappeler qu'en France la question a été abolie très tardivement. Le 24 août 1780 seulement, une déclaration, enregistrée au parlement de Paris, supprima la question préalable, mais ce ne fut que la loi du W octobre 1790, qui l'interdit dans tous les cas.

A elle seule, la torture justifierait lépithète de barbare, que j'ai donnée à l'Europe ancienne. On l'appelait « épreuve de vérité » et les procédés variaient suivant les localités. En Bretagne, on chauffait les pieds dans un brasier ; à Rouen, on aimait mieux serrer les doigts dans une machine en fer: à Autun, on versait de l'huile bouillante sur les jambes enveloppées d'une peau de vache ; à Orléans, on donnait Testrapade ; à Paris, on préférait la question par Peau et les brodequins l, etc.

J'énumère, en passant, ces horreurs, n'ayant ni le tempsni le désir de m'y appesantir.

1. Rambaud, /oc, cit., p. 436. — Giry, loc. cit., p. 126. 188.

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