‹ L'évolution de la morale; leçons professées pendant l'hiver de 1885-1886Chapitre 323 sur 375 · Ibid., XI · texte numérisé non relu

Ibid., XI

Letourneau. — L'évolution de la morale. 27

les moyens qui servent à l'apaiser, à effacer les péchés, iksont pas plus raisonnables. Le Seigneur tout-puissaut est surtout friand de victimes. Autrefois, nous lavons vu, il dévorait les enfants premiers-nés; plus tard il s'est contenu des animaux. Il pardonne, pour un veau, un péché comnii par ignorance1 ; un serment oublié, pour une jeune brebb ou une chèvre2 ; une fraude ou une tromperie, pour un béher sans tache3. Pour un bouc émissaire, les péchés de tout Israël lui sont remis 4.

Le Koran, fils naturel de la Bible, n'est pas plus sensé : il veut que Ton s'abstienne du sang et de la chair du porc, de> animaux suffoqués, assommés, tués par une chute, entamés par une bête féroce5. Pour Allah, comme pour Jéhovah, la grande qualité, c'est d'être croyant. Défense d'aimer l'infidèle, fut-ce un père, un fils, un frère, un allié 6. Le croyant est récompensé dans cette vie par un riche butin pris aux mécréants7; dans le paradis, par un séjour dans des jardins délicieux peuplés de houris aux yeux noirs, etc. 8.

Au contraire, les réprouvés boiront de l'eau ardente, comme le métal fondu9 et aussi du pus 10.

Essentiellement, toutes les religions anthropomorphique* se ressemblent, qu'elles soient monothéistes, comme le Judaïsme et l'Islamisme, ou polythéistes comme la religion gréco-romaine. Au point de vue théologique, la grande

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