‹ L'évolution de la morale; leçons professées pendant l'hiver de 1885-1886Chapitre 324 sur 375 · Ibid., XVIII · texte numérisé non relu

Ibid., XVIII

iO. Ibid., XXVIII, 56-57.

l'ixflcengk des religions sur la morale 419

question morale est de plaire aux êtres ou à l'être surnaturel, qu'on craint et adore, surtout de ne pas leur déplaire.

Pourtant les dieux gréco-romains se souciaient moins de la morale courante que ceux de la Perse, de l'Inde, de la Judée ; ils n'étaient pas les auteurs de la loi morale : ils en étstient garants *. Certaines fautes étaient surtout considérées comme des offenses directes aux divinités et c'est à ce titre qu'on les expiait2. Mommsen affirme, qu'au moins dans les âges primitifs de l'antiquité, les sentences capitales étaient regardées comme l'effet de la malédiction des dieux offensés^. Voler des fruits la nuit, par exemple, c'était commettre un larcin au détriment de Gérés, etc.

La grande récompense après la mort consistait à conserver un intérêt dans la vie des générations postérieures, à pouvoir les protéger, les aider 4.

C'était cette vie terrestre, dont se souciait surtout le bon sens pratique des anciens5. Dans la croyance d'Hésiode, les ombres des hommes de l'âge d'or sont devenues de bons génies et parcourent la terre en dispensant la richesse et réprimant l'injustice ; les esprits des méchants sont tourmentés et tourmentent les hommes sous la forme de larves et de lémures 6. Ces croyances étaient généralement répandues, mais il n'y avait ni dogmes obligatoires, ni morale officiellement prêchée ".

Pas de code théocratique ; rien d'analogue au despotisme tracassier et souvent féroce des grandes religions asiatiques ; surtout point d'ascétisme ni de doctrine de renoncement,

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