Marsden, Missionary Register(iS
2. Voyage de /'Astrolabe (Missionaiy Régis ter de Marsden), p. 215. o. Mocrenhout, Voyage aux îles, etc.. t. 1, p. 2.
4. Voyage de /'Astrolabe [Missionary Regisfer de Marsden,) p. 40.
-entre-dévorent. Les hommes mangent les chiens et les «hiens mangent les hommes J. — Quel mal y a-t-il à manger des ennemis tués sur le champ de bataille et qui nous auraient traités de même, s'ils l'avaient pu ? — Nous ne mangeons pas nos parents 2. »
Et puis il y avait aussi" la question de gourmandise : « La chair humaine, disait à Earle un chef très doux et très poli, est tendre comme du papier. »
L'anthropophagie primitive, bestiale, régnait donc à la Nouvelle-Zélande, et, circonstance aggravante sur laquelle je reviendrai, elle y était pratiquée par les deux sexes.
Aux îles Marquises, on était déjà entré dans une période de transition. Les Nouka-Hiviens étaient encore fort cannibales au temps de Porter, de Krusenstern ; mais déjà ils avaient des doutes sur la moralité de l'anthropophagie. Un vieux chef Nouka-Hivien, Gattanioua, disait avec orgueil à Porter, que personne de sa famille, et cela depuis l'époque lointaine où commençaient ses souvenirs, n'avait jamais ni mangé de la chair humaine, ni goûté à un cochon volé ou mort de maladie 3 ; mais les autres, disait-il, moins scrupuleux, mangeaient parfois l'ennemi vaincu. Il y a une quarantaine d'années, un voyageur français a encore trouvé le cannibalisme aux Marquises, mais il s'y pratiquait assez rarement, seulement durant la guerre, où à l'occasion de quelques cérémonies religieuses. Seuls, les vieillards, les Kakious, aimaient toujoursavecpassion la chair humaine 4. Les Marquions n'avouaient déjà plus volontiers ce trait de leurs mœurs aux Européens. Chaque tribu s'en défendait et en accusait sa voisine 3*
i. Voyage de T Astrolabe [Missionary Register de Marsdcn).
2. Cook, Hist. univ. des voyages, t. VI, p. 85. — Ibid., t. VIII, p. 116.