De Rochas, Nouvelle-Calédonie, p
fond de leur stratégie. Pour tuer l'ennemi, tous les moyens, sont bons ; mais se faire tuer est plus qu'une sottise, c'est une honte 4. A leurs yeux, par exemple, il est tout à fait licite d'inviter des voisins à une grande fête, puis de tomber sur eux à l'improviste et de les assommer, quand il ne sont pas sur leurs gardes *.
C*s traits moraux ou plutôt immoraux ne sont d'ailleurs en aucune manière particuliers aux Néo-Calédoniens. On les retrouve un peu partout ; ils tiennent au degré de développement mental .
Ainsi les Peaux-Rouges d'Amérique n'attaquent jamais l'ennemi ouvertement. Ils chassent l'homme exactement comme le bison ou le chevreuil. C'est toujours la nuit qu'ils partent pour une expédition guerrière. Ils pensent, dit un ancien chroniqueur, La Potherie 3, que, s'ils entraient en campagne le jour, l'ennemi, si éloigné qu'il fût, les découvrirait. C'est la « vision à distance », que certains de nos contemporains se targuent de posséder. Un fait curieux nous est rapporté par le même ancien voyageur. Suivant lui, les femmes et les filles des Peaux-Rouges du Canada se livraient aux hommes avant le commencement des hostilités afin de leur donner du cœur peut-être aussi pour en avoir des enfants, qui les remplaceraient en cas de malheur. Au dire d'autres explorateurs de la même époque, del'Escarbot, deChamplain, la férocité guerrière des Peaux-Rouges était aussi encouragée par la religion. C'était aux vaillants guerriers, à ceux qui avaient tué ou brûlé un grand nombre d'ennemis, qu'étaient réservés les merveilleux territoires de chasse de la vie future, cette vaste prairie de l'autre monde où se promenait un peuple de buffles et de chevreuils dont la chair avait un goût