Domenech, loc. cil., p
femmes : elles labouraient, semaient le maïs, récoltaient le riz sauvage ; en outre elles préparaient les peaux et les fourrures, faisaient sécher les viandes et les racines pour les provisions d'hiver, etc 4. Chez les Noutka-Colombiens, les femmes recueillaient des coquillages, portaient le poisson dans les huttes, préparaient les sardines, fabriquaient les vêtements, allaient à la pêche, maniaient les pagaies, sans que les hommes songeassent à leur venir en aide 2.
Mêmes mœurs en Afrique, aussi bien chez les Hottentots pasteurs que chez les nègres plus ou moins agriculteurs. C'est toujours la chasse et la guerre qui par excellence sont les occupations nobles, celles de l'homme : le reste regarde les femmes, et cette division du travail fait qu'entre les deux sexes, il n'y a presque pas de vie commune 3. Pourtant, chez les Cafres, h demi dégagés de la sauvagerie tout à fait primitive, les hommes revendiquaient pour eux le soin du bétail, de la vache, de la « perle à poil », comme ils disaient. L'agriculture, d'origine plus récente, était abandonnée aux femmes, et la reine des Cafres Betchouanas fouissait elle-même la terre, en chantant comme et avec les autres femmes. Il en est partout ainsi. A l'autre bout de l'Afrique 4, chez les Niam-Niam, les hommes chassent pendant que les femmes labourent 5, et il en va de même au Gabon, etc. Dans une tribu de cette dernière région, dit du Chaillu, on avait, obéissant à un vague sentiment d'équité, décidé que les femmes devaient d'abord travailler pour nourrir leur maître, puisque, celui-ci étant convenablement sustenté, elles pourraient disposer à leur gré du reste de la récolte6.