Porter, Hist. univ. des voyages, t. VI, p
5 Bougainville, Hist. univ. des voyages, t. IV, p. 172. — D'Orbigny, L'Homme américain, t. I, p. 415.
repose nonchalamment dans son hama.°, ou chasse, ayant pour tout fardeau son arc et ses flèches, tandis que la femme le suit en portant les enfants, les vivres, et doit, quand on s'arrête, aller chercher l'eau et le bois, faire la cuisine *.
Au dire des anciens missionnaires, les Indiens du Paraguay avaient encore, au xvne siècle, l'habitude de tuer les femmes quand elles devenaient vieilles : « Il règne parmi ces peuples, écrit un rédacteur des Lettres édifiantes, un usage qui nous surprit étrangement : leur coutume est de tuer les femmes dès qu'elles passent trente ans. Ils en avaient amené une avec eux qui n'avait que vingt- quatre ans : un de ces Indiens me dit qu'elle était déjà bien vieille et qu'elle n'avait plus guère à vivre, parce que, dans peu d'années, on devait l'assommer *. »
Sacrifier les femmes, quand elles ne peuvent plus travailler, c'est presque le suprême degré de la sauvagerie ; seuls, les Australiens et les Fuégiens vont plus loin encore en les mangeant ; mais leur laisser tous les travaux pénibles et se réserver seulement la chasse et la guerre, c'est une règle presque sans exception tant que dure la phase primitive de l'évolution morale.
Les Peaux-Rouges mâles ne fabriquent que leurs armes ; tout autre travail serait pour eux déshonorant ; à grand peine aident-ils les femmes dans la construction de leurs canots d'écorce 3. Les Comanches fument, mangent, chassent, se battent et dorment, sans rien faire autre chose 4. Chez les tribus peaux-rouges, qui avaient une agriculture rudimentaire, les travaux agricoles étaient entièrement dévolus aux