‹ L'évolution de la morale; leçons professés pendant l'hiver de 1885-1886Chapitre 104 sur 330 · IM., p · texte numérisé non relu

IM., p

166 LÉVOLUTION DE LA MOKALE. '

attachent si fortement les enfants aux parents. De plus la femme étant presque toujours méprisée et maltraitée, le respect filial pour la mûre ne saurait guère exister. Souvent, c'est le sentiment contraire qui est excité. A Taiti, dit Ellis, le père encourageait volontiers les enfants à mépriser et i brutaliser leur mère ^ Il n'est donc pas étonnant que les jeunes Australiens maltraitent souvent leurs parents, mais surtout leur mère '. Chez les Vitiens même, battre sa mère était chose fort ordinaire et nullement blâmée. Précédemment j'ai dit comment se terminait d'ordinaire la vie des Mélanésiens ûgés; je n'y reviendrai donc pas, aimant mieux signaler les bons côtés de l'homme primitif. Il s'en faut, malgré tout, que l'altruisme lui soit étranger.

Tout en affirmant que les Australiens sont généralement dominés par le plus grossier égoîsme, G. Lang raconte pourtant que « continuellement, surtout s'il y a une femme blanche à la station, des Européens sont sauvés d'un massacre prémédité par les avertissements des femmes australiennes et, en le faisant, ces dernières risquent beaucoup. Une fois, dit-il, à ma connaissance, l'une d'elles, pour un acte de ce genre, fut punie de mort ^ ». Une autre fois, selon le même voyageur, dans une rixe entre Australiens, de? femmes indigènes couvrirent de leurs corps trois hommesvaincus par le nombre et, malgré les coups dont on b^ accablaient, elles revinrent à la charge jusqu'à ce qu'ell^'^ eussent lassé la férocité des vainqueurs.

Dans les sociétés polynésiennes, les sentiments de solidî»rite n'étaient pas inconnus. Porter vante la mansuétude d^= Polynésiens les uns pour les autres; la fraternité de leuit-

Page 1