The Aborigènes of Auslralia, by. (>.-L. Lang, p. 3t
relations Témerveille ^ Cook a vu les Taïliens s'obliger avec empressement, se donner leurs habits, partager leurs provisions, même quand elles consistaient en un seul fruil à pain*. Bligh vante aussi la gaieté, la sociabilité des mêmes Taïtiens^. A nie de Pâques, les insulaires, pendant une période de disette, offrirent à Cook quelques patates prélevées sur leur pauvre provision *.
La reconnaissance, parfois fort délicate, n'est pas étrangère à rhomme primitif. Quand les Espagnols débarquèrent à Cuba, un cacique, à qui ils avaient enlevé sa femme, vint en pleurant supplier Barthélémy de la lui rendre. Par extraordinaire on accueillit favorablement sa demande et il en fut tellement touché que, peu après, il revint avec quatre ou cinq cents de ses sujets défricher un terrain pour les Espa* gnols ^
Chez les Esquimaux, une femme, que le médecin de l'expédition de Ross avait soigné, vint lui offrir, en signe de recon- Baissance, ce qu'elle avait de plus précieux : une pierre pour allumer le feu*. Ses compatriotes ne cessaient d'apporter à l'équipage du poisson frais, sans vouloir jamais rien accepter en échange. Ils se faisaient une joie d'héberger les Anglais et les remerciaient de vouloir bien se laisser faire'.
Les sentiments, que nous appelons moraux, ne manquent
donc pas absolument chez l'homme primitif, mais ils y sont
rares, capricieux. Aucun code moral nettement formulé n'en
fait une obligation. Chacun suit, à ses risques, l'impulsion
du moment. Dans la conscience, il n'existe pas encore de
i. HUt uniw. de$ voyaget, t. XVI, p. iiô. 1 Ibid., t. VIII, p. 363.