Leges Longobardorum, lit. X
i2S L*£V0LUT105 DE LA MORALE.
mer, dans la plupart des cerveaux humains, un penchant à respecter au moins en apparence la propriété d'autrui.
Le troisième commandement peut se formuler ainsi :
€ Tu seras brave à la guerre et l'on ne te défend point d'y être féroce. >
L*liomme, n ayant pas été créé instantanément et tout d\inc pièce, était déjà, avant toute société, prédisposé à la vertu guerrière : ses ancêtres animaux en avaient eu besoin, aussi, chez la plupart des peuples primitifs, le courage guerrier est pour ainsi dire banal. J'aurai à dire ce qu'il devient dans les sociétés civilisées.
Quatrième commandement :
f Tu ne tueras qu'avec prudence et en ayant soin de ne pas ^attaquer aux puissants, i
Le meurtre en soi et quel qu'il soit, est considéré comme peu ou point blâmable. A chacun de se défendre. Mais il enlrauie des ennuis, des dangers. Les parents, amis ou propriétaires du défunt poursuivent souvent des vendelley réclament des compensations. On leur en donne et on les désarme ainsi, quand cela est possible. De ces conflits est sûrement résultée une vague notion de justice, l'idée qu'un tort fait à autrui donne droit à une certaine compensation et en outre un commencement de respect pour la vie humaine.
Ces quatre commandements résument à peu près tout ce qui est primordial dans la morale sauvage.
Çà et là pourtant, on voit poindre des notions plus relevées, des précurseurs, accomplissant parfois des actions héroïques, désintéressées, comme on en observe à titre exceptionnel dans le monde animal. La maternité surtout a contribué à faire Téducation affective du sauvage. En pays primitif, raliaitement dure plusieurs années; or, l'amour maternel entretient et développe chez la femme des penchants dévoués, qui nécessairement se transmettent plus ou
moins aux hommes par rhérédilé. Si le milieu social s'y
prête, si ces nobles anomalies sont utiles à la communauté,
elles pourront être encouragées et servir de base à quelque
progrès éthique. Cela arrive assez rarement pour que partout
l'humanité croupisse dans la morale sauvage pendant des
cycles chronologiques.
Ces anomalies morales sont pourtant à noter. Il en est d'individuelles. Ainsi Mungo-Park a vu une négresse de l;i Sénégambie suivre son fils, que Ton emportait gravement blessé, en se désolant et faisant Téloge du malheureux : «Il ne disait jamais un mensonge, s'écriait-ellc, non, jamais* ! 1 Pourtant, au dire unanime des voyageurs, il n'y a rien de plus rare dans l'Afrique noire que la véracité.
Plus intéressantes encore sont les exceptions ethniques, les cas, infiniment rares en pays sauvage, de tribus, de groupes sociaux faisant de la pratique de certaines vertus relevées une obligation morale. J'ai déjà cité à ce sujet l'hor- ! reur du mensonge et de la trahison professée par certains petits peuples aborigènes du Bengale. A en croire Wallace, il faudrait en rapprocher les féroces chasseurs de têtes de Bornéo, les Dayaks. Il faut tenir grand compte de ces faits. Si peu nombreux qu'ils soient, ils suffisent à prouver quo, Spontanément, par l'action seule de l'évolution et des agen s qui la guident, le mieux peut sortir du mal, la noblesse morale de la sauvagerie.
Aux quatre commandements ci-dessus indiqués, il convient
d'en ajouter un autre moins important sans doute en pays sau-
vage, mais destiné à jouer un grand rôle dans la nioralefuture :
« Tu défendras le groupe ethnique dont tu fais partie;
tu extermineras tes ennemis; tu aimeras ton pays ; tu seras
patriote, i