DE LA MdKALE K .\ CHINE
Toiiles les grandes sociétés barbares, que nous avons éludiées jusqu'ici, n'ont eu, quelle qu'en ait pu être la durée, qu'une évolution limitée; elles ontétédélruitesousubjuguées
avant d'avoir pu dépasser le stade des castes. Une seule d'entre elles, la Chine, a continué à vivre jusqu'à nos jours, s'épanouissant à sa manière, conformément à son caractère propre. Comme tous les Etats ayant eu une longue existence, la Chine a subi des invasions étrangères, des révolutions intérieures, mais ces événements n'ont été cpie des orages passagers, auxquels a résisté sa solide structure sociale. Elle aussi, a eu son stade des castes; elle a même passé par le régime féodal, avec seigneurs terriens relevant, les plus puissants de l'empereur, les autres de ces derniers. Tout cela a vécu, à ce point qu'aujourd'hui les membres de la famille impériale eux-mêmes sont dégradés, retombent dans le peuple, si le privilège de leur naissance n'est pas soutenu par leur mérite personnel. Sans doute on n'approche de l'empereur de la Chine qu'en se soumettant au servile rérémonial du vieux temps, aux trois agenouillements et aux neuf prostornements, mais, en fait, ce monarque adoré ne peut nommer un sous-préfet qu'en le choisissant sur une liste dressée par des lettrés nommés au concours. Tout en conservantle titre de « Fils du Ciel f, le souverain du Céleste- Empire n'est plus considéré comme un dieu répandant autour de lui la terreur ; son rôle est d'être <( le père et la mère de l'empire > ; car presque toute l'organisation du pays repose sur ridée, fort élargie, de la famille, t La règle de conduite d'un prince, dit Confucius, consiste à ne pas faire peu de cas des sentiments du peuple ^ n
¥.ïi dépit des très nombreuses traces du passé, conservées dans cette société si vieille, toute l'administration y est basée sur des visées utilitaires, a Que ceux qui produisent les revenus de l'Élat, dit le Ta-liio (chap. x, V, 18) soient nombreux et que ceux qui les dissipent soient en petit