‹ L'évolution de la morale; leçons professés pendant l'hiver de 1885-1886Chapitre 222 sur 330 · Cubain, Lois civiles, etc., p · texte numérisé non relu

Cubain, Lois civiles, etc., p

Z^i L'iVOLUnO!! DE LA MORALE.

comme des bcles sauvages, étaient envoyés au marché par

Sur >e> esclaves, le maître avait tous les droits et il les exerçait. Un des plus horribles hommes vertueux de l'ancienne Rome, Caton le Censeur, Caton Tusurier, le patriote étroit et féroce, se faisait gloire de vendre ses vieux serviteurs « ne plus ne moins, dit Plutarque, que si c'estoient bestes mues* >. 11 prêtait même de l'argent à ses propres esclaves pour en acheter d*autres, les dresser et revendre à bénétice, de compte a demi, etc.

A Rome« la vie des esclaves ne comptait pas : Flaminios on lit tuer un pour amuser la curiosité d'un de ses hôtes. Védius Pollio nourrissait avec de la chair d'esclave les poissons de son vivier; Auguste fit crucifier un esclave, qui avait tué sa caille (iivorile. Dans le Saiyricon^ le greffier de Trimalchion parle d'un esclave mis en croix t pour avoir blasphémé le génie du maître». Dans son traité Des Devoirs, Cicéron mentionne Ilécaton, lequel, dans son sixième livre, demande, si, en mer durant une tempête, il faut jeter pardessus le bord plutôt un cheval de prix qu'un esclave sans valeur*.

Dans le De //(/, Sénèque parle de maîtres estropiant leurs esclaves, leur crevant les yeux, les réduisant à se faire marrons et, dit-il, c se faisant ainsi de toute manière tort à euxmêmes ^ •. Mais c'est à la législation, même aux lois protectrices des esclaves, qu'il faul demander les renseignements les plus éloquents.

Sous Auguste, on avait décidé que tous les esclaves vivant sous le toit d'un maîlre, assassiné par Tun d'eux, seraient mis à mort. Tacite, dans ses Annales, raconte rémolioii

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