‹ L'évolution de la morale; leçons professés pendant l'hiver de 1885-1886Chapitre 244 sur 330 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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Letourncac. — LVvolulion de la morale. ^

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C'est que tout ce qui touchait à la moralité et à Timinoralité sexuelle était régenté par l'Église et, sur ces sujets spéciaux, rimagination des casuistes s'échauffe et s'égare facilemeot. Les mœurs générales n'en étaient pas pour cela meilleures. La ville de Rouen, par exemple, avait des proxénètes jurés, auxquels elle faisait porter une médaille à ses armes *. — Le christianisme n'a donc pas relevé la femme. Il en fait du reste peu de cas. Innombrables sont les anathèmes lancés aux femmes par les écrivains religieux. J'en citerai seulemeat deux échantillons, datant l'un du commencement, l'autre de la fin de la période catholique. Saint Augustin, voulant délâcher Laetus de sa mère, lui écrit que c dans une femme, quelle qu'elle soit, nous devons toujours craindre de trouver une nouvelle Eve; que la tendresse maternelle appartient à la ruse et à la fourberie du serpent, etc. ». Bossuet déclare encore à la femme qu'il lui faut bien se souvenir qu'elle est seulement c un os ^surnuméraire ». « Que les femmes considèrent leur ori{j;:inc et, sans trop vanter leur délic>atesse, qu'elles se souviennent qu'elles ne sont, après tout, qu'un a< surnuméraire, où il n'y a de beauté que celle que Dieu y voulut meltre^ »

Dans l'Europe chrétienne, le mariage étant devenu un sacremeni, d'institution civile qu'il était dans l'antiquité, la morale sexuelle ayant pris, aux yeux de l'Église, une excessive importance, il en résulta une sorte d'exaltation erotique, qui produisit la chevalerie. En théorie, c'était l'amour platoniiiue, mais féminisé. On avait nettement séparé IVinie du corps et, au \iv siècle, par exemple, les dames Aiisaient de leur personne deux paris, le corps, vile matière, à l'époux, le cœur et les sentiments à un autre. C'était la morale relevée

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