‹ L'évolution de la morale; leçons professés pendant l'hiver de 1885-1886Chapitre 282 sur 330 · J. Simon, Ouvrier de huit am, p · texte numérisé non relu

J. Simon, Ouvrier de huit am, p

LA MORâL£ industrielle OU MERCANTILE. 395

beur*; des corps de métier tout entiers, par exemple, les potiers, les forgerons, où Ton voit les ouvriers s'atrophier, la vie s'écourter'; c'est la population qui diminue, avant la réduction de la journée de travail à dix heures, dans certains districts miniers de l'Angleterre; c'est la taille moyen ne qui s'abaisse graduellement, surtout pour les ouvriers des fabriques^ En 1858, dit J. Liebig, Berlin ne put fournir son contingent pour la réserve ; il manquait cent cinquante -six hommes \

En fait, c'est le dieu tout-puissant de nos sociétés soidisant civilisées, l'argent, qui y règle souverainement le mouvement de la population et la durée de la vie humaine.

Dans la population industrielle, nous dit Yillermé, il y a, une fois la première année franchie, une vie probable de quarante-trois ans pour les maîtres et seulement de dix-neuf ans et trois mois pour les ouvriers ^

En France, les hommes de quarante à quarante-cinq ans meurent, s'ils sont riches ou aisés, dans la proportion de 0,85 p. 100 et de 1,87 p. 100 s'ils sont pauvres : la vie probable du riche est donc deux fois plus longue que celle du pauvret

Chaque année, nous dit A. Bertillon% la mortalité de nos nouveau-nés augmente; mais la mort sait choisir. En 1863, à Roubaix, à Manchester, la mortalité des enfants d'ouvriers au-dessous d'un an, était de 20 à 22 p. 100; à Mulhouse, elle s'élevait à 33 p. 100. A Lyon, en 1866, la mortalité était de 35 p. 100 pour les enfants des ouvriers tisseurs ; elle n'était

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