‹ L'évolution de la morale; leçons professés pendant l'hiver de 1885-1886Chapitre 72 sur 330 · Mocrenhout, Voyage aux îles, etc., p · texte numérisé non relu

Mocrenhout, Voyage aux îles, etc., p

Icmeat les femmes et les enfanls, mais même les •s vaincus pouvaient trouver un refuge. Des drapeaux aux quatre coins de l'enceinte sacrée l'indiquaient aux fugitifs et il y étaient en sûreté*. Sur ce point la publique s'était développée et formée, itude des combats maritimes, où il fallait lutter pied ins ruse de guerre, sur les plates-formes des pirogues , indique aussi chez les Polynésiens une tendance à îf la guerre d'une autre manière que la chasse. ne anomalie étrange que pourrait, seule, expliquer e lointaine de la race, si on la connaissait, des praîhevaleresques s'observent dans les guerres des ens, occupant pourtant le dernier échelon de la lie des types humains et, avec d'autres traits moraux rs, fortifient l'opinion qui met dans l'Inde le berceau lélanésiens inférieurs.

ismanie et en Australie, la guerre consistait non pas >, mais souvent, en une série de duels. Les deux troupes îs se rangeaient en armes en face Tune de l'autre, î d'elles couvrant ses enfants et ses femmes. Puis les ants sortant des rangs, un à un, se défiaient, exécune danse de guerre et, en fin de compte, se lançaient ement leurs javelots, puis se retiraient ou étaient îs, cédant la place à un nouveau couple de champions, in, la série étant épuisée, on en recommençait une \ nouveaux combats singuliers, à la massue cette fois, combattant devant donner et recevoir un seul coup, ins parer. Le parti le plus maltraité se déclarait '. Bien plus, on a vu des Australiens, dans un conflit

-enhout, Voyage aux Uesy etc., p. II, p. 38.

rick, Daily Life and Origin of the Tasmanians, p. Ai. — Souvenirs ntéf in Revue Britannique, 1826. — Sturt, Hiit, gén. des voyages^ p. 263.

lia L'ÉVOLUTION DE LA MORALE.

avec des Européens, munir ceux-ci d'armes australiennes avant de les attaquer *.

Sans doute il s'en fallait que ces pratiques, plus que courtoises, fussent de règle, surtout avec les blancs; mais, au point de vue de Thistoire de la morale, elles n'en sont pas moins extrêmement curieuses. J'y reviendrai en parlant de Texistence et de la genèse des sentiments moraux chez l'homme primitif.

Ces singuliers scrupules semblent, en Mélanésie, avoir été particuliers aux Tasmaniens et aux Australiens. Nous avons vu qu'ils étaient inconnus à la Nouvelle-Calédonie, el on ne les soupçonne pas davantage à la Nouvelle-Guinée.

En effet, un voyageur italien, d'Albertis, raconte comment fut détruit un village néo-guinéen visité par lui : les hommes étant à la chasse, il survint à l'improviste une tribu hostile, qui sur-le-champ dépêcha les malades et les vieillards restés dans les huttes, puis emmena les enfants elles femmes, après avoir tué celles d'entre elles qui essayaient de résistera

L'un des indigènes, qui accompagnaient d'Albertis, se vantait naïvement de certaines connaissances anatomiques, qu il avait acquises expérimentalement, par une série de meurtres guerriers, en décollant un bon nombre de ses compatriotes; cela, au prix de maint stratagème habilement combiné, et sans négliger les bonnes occasions, qui lui faisaient rencon-' trer des femmes imprudemment endormies dans la^ forêt'.

Mais, tout compte fait, ce ne sont là que des meurtres guerriers. Pour eux, notre morale n'a pas le droit d'être bien rigide. Aujourd'hui encore, quantité de forfaits analogues

1. Sturi, Uisl, unir, des voyages, t. XLUI, p. 263 ^2. D'Albertis, La Nouvelle-Guinée, p. 152. 3. /6i(/., p. 2^12.

se commettent couramment dans les guerres entre soidisant civilisés. Bombarder, par exemple, une ville habitée par toute une population, non belligérante, de femmes, d'enfants, de vieillards, de malades, équivaut bien à décapiter une femme que l'on surprend endormie dans un bois. Ouant aux guerres entre civilisés et barbares ou sauvages, plus généralement entre les civilisés de race blanche et les représentants des autres races, l'humanité n'y intervient fuère plus qu'entre le chasseur et le gibier. Pour ne parler que de faits tout récents, personne n'a oublié le laisser aller avec lequel un de nos brillants écrivains, l'auteur du Mariage deLoiiy a raconté le massacre des Annamites par les marins français. Mais c'est là un sujet sur lequel nous aurons à revenir, puisque, depuis les âges préhistoriques jusqu'à nos jours, la guerre n'a pas cessé d'être une des grandes occupations du genre humain.

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