III. — ABANDON. — MEURTRE DES VIEILLARDS
En pays primitif, on est toujours prêt à tuer et exposé à êl^re lue par l'ennemi. Cette existence de bête fauve est peu Pi*opre au développement des sentiments humanitaires; ^ussi, même au sein des petits groupes ethniques, les Moeurs sont atroces, et l'on est sans pitié pour les bouches inutiles. Presque partout, à ce moment de l'évolution mo- ^le, le sort des vieillards, des malades, des infirmes, est Magique. Les circonstances atténuantes sont : la fréquente l'arête des subsistances, les difficultés et les dangers de la 'uite pour vivre.
A la Nouvelle-Calédonie, quiconque cesse de manger pendant trois jours est au moins relégué et abandonné dans un
LBTOUMEAa. — L'évolution de la morale. ^
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primitives, un peu dans tous les pays et dans tous les temps. Ainsi, en Afrique, les Bocliimans exposent les vieillards dans des endroits où ils ont chance d^ètre dévorés par les bêles féroces. Ils justifient cette pratique en disant que ces individus non seulement ne sont plus bons à rien, mais qu*ib consomment des aliments très profitables aux gens utiles ^ Leurs voisins, les Namaquois, abandonnaient et laissaient périr leurs vieux parents, non seulement sans regret ni remords, mais en riant des remontrances que leur faisaient à ce sujet les Européens. Les Cafres Matchapis ne tuent pas habituellement leurs vieillards, mais ils les laissent mourir de faim et abandonnent leurs cadavres aux bêtes. Déjà un peu plus humains, les Cafres Béchuanas portaient leurs blessés à une certaine distance de leurs villes et villages et les abandonnaient, en ayant soin seulement de renouveler, chaque jour, leur petite provision d'aliments et d'allumer, près d'eux, chaque soir, un feu destiné à écarter les bêtes féroces. Li Providence se chargeait du reste*.
En Amérique, de la baie d'IIudson à La Plata, mettre à mort les vieillards était une coutume générale*. LesNoutka- Colombiens les laissaient mourir de faim, même quand ils regorgeaient de vivres.
Les Itonamos de l'Amérique méridionale étouffent leurs malades^; les Esquimaux ou enterrent leurs vieux parents après les avoir étranglés ou tout au moins les abandonnent, après leur avoir dit adieu, dans une hutte de glace {igloti)*
Les Kanitchadales se débarrassaient de leurs parents en les tuant; après quoi ils laissaient les chiens se repaître de leurs cadavres. Cette dernière pratique était une attention déli-