‹ L'évolution de la morale; leçons professés pendant l'hiver de 1885-1886Chapitre 91 sur 330 · III. — DE LA PUDEUR ET DE L'ANOUR · texte numérisé non relu

III. — DE LA PUDEUR ET DE L'ANOUR

Un si large laisser aller en fail de moralité sexuelle suppose nécessairement une grande insouciance relativement au vêtement. En effet, chez tous les peuples primitifs, le vêtement est ou absent, ou rudimentaire. Je dis le vêtement de pudeur; car on a soin assez souvent de se garantir soit contre les intempéries, soit contre les broussailles.

Dans toute la Mélanésie, la nudité était de règle. Tasmaniens et Mélanésiens se jetaient bien au besoin un mantean de peau de kangourou sur les épaules, mais c'était uniquement à cause du froid ou des fourrés. Les femmes ne soupçonnaient pas la pudeur, et il faut être atteint de la raonomanie du règne humain pour trouver une intention décente dans le soin qu'aurait eu la Tasmanienne de se vêtir avec son ou ses pieds, quand elle s'asseyait*.

Souvent les voyageurs européens, surtout les missionnaires, qui prêtent volontiers aux races inférieures tout ou partie de leurs idées sur la pudeur, ont vu une intention décente xlans des rudiments de vêtements, usités seulement dans un but de protection. Les cordes et le morceau d'écorce des Nco-Galédoniens et des insulaires de Maliicollo, les coquilles portées par ces derniers ne décèlent évidemment aucune intention morale*; leur rôle est celui d'une armure spéciale.

A la Nouvelle-Calédonie (île des Pins), les missionnaires

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