‹ L'évolution de la morale; leçons professés pendant l'hiver de 1885-1886Chapitre 98 sur 330 · Bonwick, Daily Life^ etc., p. li · texte numérisé non relu

Bonwick, Daily Life^ etc., p. li

comme une transgression morale, mais uniquement comme allentatoire à la propriété*. Mêmes mœurs en Australie. A la Nouvelle-Calédonie, l'adultère est déjà devenu une sorte de délit social, ce qui est rare en pays primitif; et tout individu convaincu de ce crime est amené devant le conseil de vieillai'ds présidé par le chef, puis d'ordinaire mis à mort*. Les Guaranis et nombre de tribus américaines admettaient aussi que l'adultère de la femme devait être puni de mort'; cela est de règle chez la plupart des sauvages, seulement d'ordinaire le soin d'être à la fois juge, partie, et au besoin exécuteur, incombe au mari. 11 en était ainsi, par exemple, à la Nouvelle-Zélande, comme je l'ai déjà fait remarquer, f Schougui, lisons-nous dans le Journal de Marsden, m'apprit que deux jours auparavant un chef nommé Tinana avait tué sa femme pour cause d'adultère. Elle fut prise sur le fait et reconnut sa faute : alors le mari lui asséna un coup de bâton sur la tête. Schongui disait que celte punition était juste. Le frère de la femme vint et prît le corps qui fut transporté dans le sépulcre de ses amis. C'était une femme de haut rang*. > L*opinion publique ratifiait la vengeance du mari, aussi le frère se contenta-t-il d'exercer un simulacre de talion en prenant au mari quelques patates.

Dans les autres archipels, où la morale sexuelle était plus débridée, la pécheresse en était le plus souvent quitte pour une correction.

En pays primitif, le droit de l'homme sur la femme et les enfants est sans limites. C'est certainement l'habitude de posséder ces êtres dépendants, d'en user et d'en abuser, qui chez nos primitifs ancêtres a développé l'instinct de la pro-

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