‹ L'évolution de la musiqueChapitre 22 sur 23 · DE LA NOTATION DE L HARMONIE PAR CHIFFRES, OU DE LA BASSE CHIFFRÉE · texte numérisé non relu

DE LA NOTATION DE L HARMONIE PAR CHIFFRES, OU DE LA BASSE CHIFFRÉE

L'emploi, dans l'harmonie, de la notation par chiffres étant un moyen abréviatif et ayant un caractère précis, scientifique, je terminerai cette étude en disant quelques mots de ce système de notation.

Mettre un chiffre sur une note écrite dans une portée musicale, c'est indiquer que l'on doit faire entendre sur cette note considérée comme basse, et en même temps qu'elle, la note déterminée par l'intervalle que désigne le chiffre, cet intervalle pouvant d'ailleurs être augmenté d'une ou plusieurs octaves.

Les chiffres correspondent aux intervalles. Ainsi, dans la gamme majeure d'ut :

2, placé sur ut, -correspond à la seconde [ut ré).

3, — — ■ — — tierce [ut mi).

4, — — — — quarte (ut fa). 5j — — — — quinte (ut sol)

6, — — — — sixte (ut la).

7, — — — — septième (itf siy.

8, — — — — octave (ut ut).

9, — — — — neiiYÎëme (ut ré).

Quelques signes sont employés pour les modifications des notes de la gamme, ou des intervalles.

#, b^ ou 1?, placés au dessus de la note de basse sans aucun chiffre, marquent que la note à distance de tierce sera diésée, bécarrée ou bé'ïTiolisée par rapport à la gamme, (le chiffre 3 représentatif de la tierce étant habituellement sous-entendu).

Placés devant un chiffre, c'est que la même opération sera faite sur la note qui lui correspond.

Une barre, en travers du chiffre, indique que l'intervalle sera diminué d'un demi-ton.

Exemple :

-5- sur ut, c'est ut sol ?, quinte diminuée^ -7- sur si, — si la i?, septième diminuée.

Une croix devant un chiffre indique au contraire que l'intervalle sera augmenté d'un demiton, cette augmentation se faisant sur l'intervalle majeur, sauf pour la tierce, qui se confondrait alors avec la quarte [ut mi # équivalant à ut fa), ex.: ~ '

-\- 5 son ut, c'est ut sol #, quinte augmentée, -1-4 — ut fa U^ qii^ar te augmentée, on triton, -}- 2 — ut ré #j seconde augmentée, -[-6 — ut la U, sixte augmentée, -\- (3) — ut mi, tierce majeure.

Ce dernier signe figure sur l'harmonie de dominante habituellement.

Par ces moyens, on peut représenter, comme

on le voit , tous les accords directs ou renversés , simples ou altérés , toutes les combinaisons.

Quelques abréviations, qui évitent l'emploi de trop de chiffres, sont très usitées sur les accords naturels ou simples (1). Les voici dans la notation moderne :

TONALITÉ d'ut.

Accords conso7iants, majeurs ou mineui^s.

5 ^ au lieu de o ) — ut mi sol.

3 ( au lieu de T\ — ut mi b sol.

6 f au lieu de o) — '^ni sol ut ou mi b sol ut,

suivant la gamme.

(1) Il faut remarquer que les intervalles variables changent de mode quand ils sont renversés. Ainsi ut mi tierce majeure, renversé, donne mi, ut, sixte mineure ; ut 7nih, tierce mineure, donne au contraire w/b wf, sixte majeure.

/ (sans abréviations] sol ut mi ou sol ut mi b

Accord dissonant naturel.

\ ( au lieu de 5 ] sol si ré fa.

r ( au lieu de 5 ] si ré fa sol.

G au lieu de 4 ré fa sol si.

-4-4 aulieude4-4 fa sol si ré.

Les accords dissonants artificiels mineurs {ré fa la ut] ou majeurs [ut mi sol si\ sont représentés généralement avec peu d'abréviations ; de même que l'on indique — et cela est évident r- toutes les modifications, altérations dans l'harmonie normale.

On trouvera dans l'ancienne musique quelques modifications de détails sur ces abréviations ; elles seraient trop longues à énumérer

Tel est le principe de la notation par chiffres, ou basse chiffrée.

Page 1