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LES FORGES MANIFESTÉES PAR LES ÊTRES VIVANTS

Chez les êtres tout à fait primitifs, tels qu'un globule de protoplasma, on constate, ainsi que plusieurs volumes de recherches l'ont déjà montré, des actes très adaptés au but à remplir et variant suivant les circonstances, comme si l'être était capable d'un raisonnement rudimentaire, mais qui ne sont peut-être que des réactions physicoMîhimiques engendrées par des excitants extérieurs.

Leur interprétation par l'hypothèse de simples réactions est bien insuffisante. Nous nous trouvons évidemment en présence d'une chaîne de causalités, dont nous ne tenons aucun anneau et que, par conséquent, nous ne comprenons pas. Nous ne les pénétrerions pas davantage en supposant, pour les expliquer, des principes immatériels doués des attributs que nous leur prêtons. Ce serait revenir au temps où la volonté de Jupiter produisait la foudre et celle de Cérès les moissons.

Le savant doit fuir les explications surnaturelles et fuir aussi les explications simplistes. Les interprétations matérialistes et spiritualistes ne sont que des mots vides de toute valeur, n'ayant d'intérêt que pour les esprits préférant une explication quelconque à Tabsence d'explications.

Il faut chercher celles-ci et non les inventer. Le livre de la nature est d'une lecture très lente. Les quelques pages péniblement déchiffrées après des siècles d'efforts nous montrent un- univers beaucoup plus compliqué qu'il le paraissait d'abord. Nos sciences sont édifiées sur des concepts représentant simplement des interprétations capables de s'adapter aux petits fragments des choses accessibles à notre intelligence.

S'il est vrai que nous ne savons pas les causes de la vie, ni même les raisons premières d'un seul phénomène, rien n'autorise à dire que nous les ignorerons toujours. On se confine dans une philoso-

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phie stérile quand on déclare inconnaissable ce qui n'est pas connu encore. La science descend un peu plus chaque jour dans les gouffres mystérieux où se cachent les derniers éléments des choses. Mais, comme Ta justement dit un philosophe, notre sonde est encore trop courte pour Timmensité de tels abîmes.

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