‹ L'évolution des forcesChapitre 106 sur 116 · LES INTERPRÉTATIONS DES PHÉNCHÉNES DE LA VIE · texte numérisé non relu

LES INTERPRÉTATIONS DES PHÉNCHÉNES DE LA VIE

Tout ce qui vient d'être exposé montre que les phénomènes de la vie furent toujours la véritable pierre d'achoppement de la philosophie et de la physiologie.

<( La physiologie, écrit le professeur Dastre, est incapable de répondre à la question séculaire, qu'estce que la vie ? »

Les philosophes n'ont pas su y répondre davantage Ou du moins aucune de leurs réponses n'a pu résister aux critiques.

« La philosophie nous offre^ pour concevoir la vie et la mort, écrit le même savant^ des hypothèses ; elle nous offre les mêmes qu'il y a trente ans, qu'il y

372 l'évolution dbs forces

a cent ans, qu'il y a deux mille ans : l'animisme ; — le vitalisme sous ses deux- formes, vitalisme unitaire ou doctrine de la force vitale, vitalisme démembré ou doctrine des propriétés vitales ; — et enfin, le matérialisme, le mécanicisme, ou l'unicisme, ou le monisme, — pour lui donner tous ses noms, — c'est-à-dire la doctrine physico-chimique de la vie. »

C'est la dernière explication qui prédomine aujourd'hui. Elle n'est pas peut-être la plus sûre, mais certainement la plus féconde puisqu'elle provoque des recherches que rendaient inutiles les théories vitalistes et animistes dotant les êtres d'un pouvoir insaisissable, àme ou principe vital, dont la puissance dispensait de chercher des explications.

Le véritable problème qui se pose aujourd'hui et se posera sans doute encore pendant longtemps est celui-ci :

Les manifestations vitales et physiques ont-elles des causes distinctes ? Les forces vitales sont-elles absolument différentes de celles que nous connaissons ? Représentent-elles une catégorie indépendante et irréductible ? Est-il possible de passer des lois de la matière brute à celles de la matière vivante ?

Jusqu'ici on n'a pu trouver un pont capable de relier les deux ordres de phénomènes, et l'abîme qui les sépare apparaît plus profond encore si dans les forces vitales on comprend les phénomènes psychiques qui aboutissent à l'intelligence.

Ce lien que nous ne voyons pas, apparaîtra peutr^tre un jour, et nous pouvons déjà soupçonner comment il sera trouvé. La continuité semblant une loi générale de la nature, ce n'est pas chez l'être supérieur qu'il faut étudier les phénomènes vitaux et psychiques parce que leur complication les rend trop inexplicables. Maison descendant aux toutes premières étapes de la vie, on découvrira l'ébauche d'une explication des phénomènes psychiques.

Page 1