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PAR LES CORPS ISOLANTS

L'électricité peut se propager dans les corps conducteurs par conduction, par convection et par influence. Comment se fait sa propagation dans les corps non conducleurs ?

On connaît la théorie de Maxwell. Pour lui, Télec-

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tricité ne circule pas dans les diélecbrîqnes parce qu'elle aurait à surmonter une résistance élastique qui va sans cesse en croissant et s'oppose bientôt à sa propagation.

Il est irrai qu'un diélectrique peut conserver très longtemps une partie de sa charge. J'ai éiectrisé des blocs de paraffine qui, au bout de dix-huit mois, conservaient encore une faible électrisation résiduelle. Evidemment aussi les diélectriques perdent très vite une grande partie de leur électricité, puisqu'un bâton d'ébonite frotté, dont le potentiel peut dépasser 1.500 volts, a perdu la majorité de sa charge en quel* ques minutes. Il est même étonnant qu'elle ne disparaisse pas plus vite si Ton admet que la quantité d'électricité retenue dans un corps se maintient à sa surface par la pression du gaz isolant et de Téther également isolant qui l'entourent. Quand il n'y a plus équilibre entre ces actions antagonistes, l'électricité s'échappe en partie.

Nos recherches prouvent que cette perte d'électricité d'un corps isolant se fait de deux façons : 1* par convection, c'est-à-dire par émission de particules, et 2* par conduction, c'est-à-dire en se propageant, comme pour les conducteurs, le long du corps éiectrisé à une de ses extrémités.

Ce dernier mode de propagation, contraire aux théories régnantes, se met en évidence par l'expérience suivante :

On se procure des tiges d'ébonite ou de paraffine ayant environ un mètre de longueur. Après les avoir électrisées à une de leurs extrémités en les frottant sur deux centimètres seulement de leur étendue, on met le bout non éiectrisé en contact avec un corps conducteur relié au bouton d'un électroscope. Aucun déplacement des feuilles d'or n'est d'abord observé ; mais en maintenant le contact pendant quelques minutes, l'instrument se charge lentement. L'électri-

TBÂNSFOBMATION DE LA ItATIÈRB EN ÉLECTRICITÉ 123

satîon s'est donc propagée le long de la partie non ôlectrisée.

Cette expérience montre qu'en réalité l'électricité peut se propager dans les isolants comme dans les conducteurs, mais beaucoup plus lentement dans les premiers que dans les derniers. En parlant de la vitesse de l'électricité, il faut donc dire que, suivant les corps, elle circule avec une rapidité variant entre quelques centimètres par seconde, et 300.000 kilomètres pendant le même temps.

§ 5. — CAUSES DES DIFFÉRENCES DE TENSION OBSERVÉES DANS L'ÉLECTRICITÉ PROVENANT DES DÉCOMPOSITIONS CHlMiaUES ET CELLE PRODUITE PAR LMNFLUENCE OU LE FROTTEMENT.

On sait que l'électricité obtenue par les réactions chimiques qui se passent dans une pile quelconque est émise en quantité variable avec la grandeur de la pile, mais sous une tension indépendante de ses dimensions. Que la pile soit de la grandeur d'un dé à coudre ou de celle d'une maison, la tension est la même et toujours très faible puisqu'elle ne dépasse guère deux volts par élément.

Il en est tout autrement pour l'électricité retirée de la matière sans faire intervenir aucune réaction chimique, c'est-à-dire par frottement ou influence. La quantité d'électricité produite est alors extrêmement faible, mais sa tension extrêmement grande. Elle peut dépasser 1.500 volts pour un simple bâton d'ébonite frotté et atteindre facilement 50.000 volts \ avec la plus petite machine statique des laboratoires. Si on voulait obtenir le même voltage avec des piles, il faudrait — les tensions s'additionnant — en réunir environ 25.000 éléments.

Ces difTérences entre l'électricité des piles et celle des machines à frottement se traduisent par des

effets très frappants. Avec les dernières, on observe de bruyantes étincelles que ne produisent pas les premières*

Ce phénomène a beaucoup impressionné les anciens physiciens et fut l'origine de la séparation établie entre Télectricité dite statique et Télectricité dynamique, distinction qui a pesé sur la science pendant plus de cinquante ans. Malgré les dissemblances apparentes qui résultent des différences de tension, Télectricité, engendrée par une pilé, est identique à celle produite par une machine statique. La pile et la machine statique fournissent l'une coitime l'autre, quand on réunit leurs pôles par un fil, un courant électrique entouré d'un champ magnétique, capable de dévier l'aiguille d'un galvanomètre.

Une pile, dont les pôles sont séparés, est tout à fait comparable à une machine statique chargée, dont les pôles sont éloignés. Entre les pôles de la machine ou ceux de la pile, existe une certaine différence de potentiel. Quand ils sont réunis par un fil, l'électricité s'écoule d'un pôle à l'autre, et cet écoulement constitue le courant électrique.

L'électricité, engendrée par les décompositions chi* miques des piles et celle produite par simple frotte-r ment des machines statiques, ne différant pas, pourquoi l'électricité d'une pile, produite par des décompositions chimiques, n'a-t-elle qu'une tension de i ou 2 volts, alors que celle obtenue par simple frottement se trouve à une tension 20 ou 30.000 fois plus forte? Les livres sont muets sur cette question.

Aucune des décompositions chimiques connues n'intervenant dans la machine à frottement ou à influence, la production d'électricité dans ces dernières a vraisemblablement une autre origine que des réactions moléculaires. Elle provient, comme nous l'avons précédemment montré, de la dissociation des atomes. Quand on. retire de Télectricité d'un corps

simple soit par influence, soit par frottement, on libère simplement de Ténergie intra-atomique. Or, comme cette dernière existe dans la matière à un état de condensation extrême, il n'est pas étonnant que Télectricité en sorte sous une tension él^Bvée. Elle est, au contraire, à un potentiel très faible lorsqu'elle résulte, non de la dissociation de Tatome, mais de changements d'équilibres moléculaires. Relativement aux énergies intra-atomiques, les énergies intrarmoléculaires sont extrêmement faibles.

J'ai constaté dans diverses expériences dont la plus importante fut déjà relatée plus haut, avec quelle facilité Ténergieintra-atomique se transforme en électricité à haut potentiel.

L'électrisation par le frottement a toujours été obtenue en frottant des corps isolants : résine, verre, etc. Il est préférable, pour justifîer la thèse qui précède, de se servir de corps conducteurs. En employant des corps simples, tels que des métaux purs, on évite tous les facteurs étrangers susceptibles d'intervenir quand on fait usage de substances complexes telles que le verre ou la résine.

Pour réaliser facilement les expériences qui vont suivre, on ajuste solidement dans des manches d'ébonite dos lames de métaux divers : cuivre, aluminium, etc., ayant la forme d^un rectangle d'environ 10 centimètres de côté. Si, tenant le manche d'ébonite d'une main, on frotte légèrement la lame de métal avec une peau de chat tenue dans l'autre main, on reconnaît, en approchant ensuite le métal de Télectroscope, qu'il est chargé d'électricité à on potentiel de 1.000 à 1.500 volts. Les feuilles d'or de l'instrument deviennent parfois horizontales et même peuvent être arrachées.

L'expérience ne réussit que lorsque Tatmosphcre est très sèche. Si, pour dessécher le métal, on le chauffait à 100 degrés environ 00 au-dessus, il ne pourrait plus être ensuite électrisé que très faiblement par le frottement après le refroidissement. Il ne reprend alors qu'au bout d'un certain temps, variable suivant les métaux, la propriété d'être électrisé à un haut potentiel.

La température exerce peu d'influence sur certains métaux,, comme le cuivre, . mais une notable sur d'autres, tels que l'alu-

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bilité succède à la stabilité et que sa désagrégation commeDce. De cette instabilité les forces dérivent. L'électricité, la chaleur et toutes les énergies de l'univers représentent des formes instables de la matière. Ce qui frappe aussi dans cette étude, ce sont les énergies colossales contenues dans d'inflmes particules de matière. Ces énergies jouent peut-être un rôle prépondérant dans les phénomènes biologiques. Nous l'entrevoyons déjà par l'importance du rôle de substances, comme les toxines, les diastases, les corps colloïdaux, qui ne renferment que des traces impondérables de matière, mais sans doute sous une forme où peuvent se libérer les énergies. Nous sommes en présence d'un monde nouveau de phénomènes, dont l'étude approfondie modifiera toutes nos conceptions actuelles de l'univers.

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