LES FORMES DIVERSES DE L'ÉLECTRICITÉ
La notion de perturbation d'équilibre, comme origine d'une force quelconque, précédemment exposée, est fondamentale, et il faut toujours l'avoir présente à l'esprit pour comprendre les manifestations de l'énergie. Des particules en repos ne sont pas plus de l'électricité que l'éther en repos n'est de la lumière. L'éther, quand son équilibre est troublé, éprouve certaines vibrations qualifiées de lumière. Dès que ces vibrations cessent, c'est-à-dire qu'il reprend son équilibre, la lumière disparaît. De môme pour l'électricité. Dès que les particules,
constiluant le fluide dit électrique ne sont plus en équilibre, alors, et seulement alors, apparaissent les phénomènes qualifiés d'électricité. Ils disparaissent quand ces particules reprennent leur équilibre. On ne devrait pas plus parler d'électricité neutre que de mouvement neutre, de chaleur neutre ou de lumière neutre.
Toutes les formes d'énergie étant produites par des perturbations d'équilibre, il en résulte qu'en faisant varier ces perturbations on engendre des forces différentes. Trouver de nouveaux moyens de modifier les équilibres de la matière et de Télher, c'est découvrir des énergies nouvelles. Tant que l'équilibre de l'éther ne fut modifié que d'une seule façon, on observa seulement de la lumière. Lorsqu'on sut y créer des formes d'équilibre nouvelles, on obtint les actions d'induction, les ondes hertziennes, les rayons X, etc.
C'est uniquement parce que les moyens de modifier les équilibres de l'éther et de la matière commencent à se multiplier que nous assistons à la découverte de nouvelles manifestations de l'énergie. La science les classe très difficilement, ne pouvant les rapprocher de choses déjà connues. La confusion qui en résulte sera facilement mise en évidence par l'examen des phénomènes divers actuellement classé» sous le nom d'électricité.
L'énuméralion suivante comprend des formes d'énergie très dissemblables, mais possédant ce caractère commun de pouvoir directement, ou indirectement, produire ce qu'on appelle une charge électrique. Cette seule raison permet de les classer dans le chapitre de l'électricité. Si l'on adoptait d'une façon générale ce procédé sommaire de classification, il faudrait qualifier de chaleur toutes les causes en produisant toujours : le frottement et le mouvement par exemple.
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1® Le fluide électrique. — On le suppose constitué par la réunion des particules électriques dont il sera parlé plus loin. Après avoir admis Texistence de deux fluides, Tun positif, l'autre négatif^ on tend maintenant à n'en admettre qu'un seul, formé d'éléments négatifs. Le fluide positif se composerait de particules matérielles privées de quelques-uns de leurs corpuscules négatifs.
2* Électricité statique» — Formée par l'accumulation du fluide électrique sur un corps. Est caractérisée par la possibilité de produire des attractions et des répulsions, mais n'exerce aucune action sur un aimant.
3* Électricité dynamique, — Quand on relie par un fil conducteur un corps ëlectrîsé à un. corps qui ne l'est pas, l'électricité s'écoule dans ce fil avec une vitesse pouvant atteindre celle de la lumière, en produisant un courant. Par le fait seul que le fluide électrique est en mouvement, le fil qui le conduit s'entoure d'un champ dit magnétique parce qu'il jouit des propriétés d'un aimant.
4® Magnétisme. — Forme particulière de l'électricité caractérisée par des équilibres de nature inconnue. Le magnétisme peut dans certaines conditions engendrer un courant électrique, de môme qu'un courant électrique peut engendrer du magnétisme.
5® Les atomes électriques ou électrons, — Particules dites électriques de grandeur définie, qu'on suppose constituées par des tourbillons d'éther. Existeraient sans support matériel dans les tubes de Crookes et dans les émissions des corps radio-actifs. Peuvent traverser des lames métalliques quand leur vitesse est suffisante.
6** Les rayons cathodiques, — Formés par la projec-
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tien de particules électriques dans un tube où passe un courant après qu'on y a fait le vide.
7® Les rayons X, — Constitués par des ébranlements de Téther^ de forme encore ignorée^ prenant naissance quand les rayons cathodiques frappent un obstacle. Traversent d'épaisses lames métalliques. Ne possèdent aucune propriété magnétique ni électrique.
8® Les ions négatifs. — Sont supposés formés de particules électriques entourées par attraction d'éléments matériels.
9® Les ions positifs, — Seraient constitués par des atomes matériels ayant perdu quelques-unes de leurs particules négi^tives. N'ont jamais été isolés.
10® Le fluide ionique. — Formé d'ions positifs ou négatifs mélangés de particules gazeuses. Peut circuler à travers un serpentin métallique avant que se recombineut les éléments dont il est formé.
11** L'Électricité neutre. — Forme d'électricité totalement inconnue, dont aucun réactif ne peut révéler la présence et qu'on suppose engendrée par la réunion du fluide positif et du fluide négatif. On admet de plus en plus qu'elle ne saurait avoir d'existence.
12** L'Électricité condensée dans les composés chimiques. — Forme d'électricité supposée exister à l'état neutre dans les composés chimiques. N'apparaît que sous la forme de fluide positif ou négatif. Se trouverait dans les corps à un état de condensation extrême^ puisqu'on peut retirer de 1 gramme d'eau une quantité d'électricité supérieure à celle qu'il serait possible de maintenir sur un globe grand comme la terre.
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13" Les ondes électriques. — Ébranlements de Téther accompagnant les décharges électriques et se propageant par vibrations dans Téther avec une vitesse pouvant atteindre celle de la lumière. Elles sont à Télectricité ordinaire ce qu'est la chaleur rayonnante aux phénomènes caloriflques dont la matière peut être le siège. Par induction , les ondes électriques peuvent engendrer à distance, sur les corps qu'elles viennent frapper, des charges électriques capables de se manifester sous forme d'étincelles.
Ainsi donc, par le fait seul que nous produisons dans Téther ou la matière des perturbations d'équilibre dissemblables, nous créons des énergies différentes. C'est uniquement notre besoin de simplification qui conduit à les rapprocher. On pourrait évidemment simplifier encore en disant que ces énergies représentent de simples transformations de mouvement, mais une telle définition conviendrait à tous les phénomènes, y compris ceux de la vie. De semblables généralisations ne traduisent que notre ignorance.