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DE LA LUMIÈRE

Lorsque les vibrations de Télher produites par réchauffement de la matière rencontrent un corps, elles produisent des effets variés qu'on peut diviser en trois classes :

!• Actions mécaniques. C'est la pressioq qu'exerce l'énergie radiante. Etant très faible, on ne peut la mettre en évidence que par des instruments fort sensibles. Son intensité cependant suffit pour annuler, dans certain cas, la pesanteur. On attribue à son influence la déformation des comètes ;

2° Actions^ dissociantes sur les atomes de la matière. Elles sont mises en évidence par les recherches exposées dans mon précédent ouvragé et sur lesquelles je reviendrai dans un prochain chapitre;

3** Actions chimiques. Comprennent des réactions très diverses (oxydation, réduction, etc.] utilisées dans la photographie.

De ces différentes actions je n'étudierai maintenant que certains effets particuliers relatifs à la photogra-* phie, observés au cours de mes recherches.

Étant donné que les particules électriques des rayons cathodiques et des corps radio-actifs impressionnent la plaque photographique, on pourrait être tenté d'attribuer la formation de l'image latente pro^ duite par la lumière à une sorte d'ionisation du gélatino-bromure d'argent. J'ai jadis songé à cette hypothèse, mais elle a contre elle les deux faits suivants : 1° Il est impossible d'observer aucune radio-activité pendant l'exposition de la plaque photographique à la lumière ; 2° les rayons bleus qui agissent principalement sur la j)laque photographique ne sont pas

Elles ont donné des résultats identiques à ceux exposés plus haut. L'impression commence toujours dans le bleu et ne se propage que quelque temps après dans Tultra-violet. On peut en conclure que l'usage d'objectifs de quartz ou de verres très transparents pour Tultra-violet ne présenterait aucun avantage pour la photographie instantanée.

11 serait beaucoup plus intéressant d'augmenter la sensibilité des plaques pour les diverses régions du spectre. La partie utilisée en photographie ne représente qu'une bien faible partie du spectre solaire qui va de 5 [X à [x,- 295 en y comprenant les rayons visibles et invisibles. La partie visible ^'étend seulement de [X. 4 à [JL, 8. Même en ne tenant compte que du spectre visible,* on voit qm la plaque photographique n'en utilise qu'une minime portion.

Sans doute on sait rendre, par des moyens diveçë, les plaques un peu sensibles jusqu'au rouge, ^inais cette sensibilité est très illusoire car il faut toujours d'énormes différences de pose pour obtenir des images avec la lumière bleue, la lumière verte et la lumière rouge. Le seul avantage réel des plaques dites orthochromatiques est d'être moins sensibles pour le bleu que les plaques ordinaires. Le même résultat est obtenu en plaçant simplement devant l'objectif un verre jaune. Avec une plaque quelconque, on obtient dans toutes les régions visibles du spectre une impression aussi intense qu'on le voudra en prolongeant suffisamment la pose. Un paysage peut être très bien photographié à travers un verre rouge.

•C'est cette différence de rapidité d'action des diverses radiations lumineuses qui change toutes les valeurs dans la reproduction photographique des paysages. On annule un peu les écarts en prolongeant la pose de façon à laisser aux rayons faiblement actini({ues le temps d'agir, mais alors intervient bientôt le phénomène de Tirràdiation consistant en ceci que

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longues rimpression peut se propager jusqu'à un demi-centimètre de la région atteinte par la lumière. La photographie de lignes très Qnes est fort difficile pour cette raison. On a vainement tenté de reproduire de cette façon les réseaux gravés au diamant employés dans certains procédés.

Je vais résumer pour les lecteurs s'occupant de photographie les expériences que j'ai réalisées -*avec^le spectroscope décrit dans un aulre chapitre — ' pour rechercher les régions du spectre qui impressionnent les plaques photographiques suivant la . durée de la pose, la nature des plaques employées et lès verres de couleur" placés devant l'obj.eclif.

Portions du spectre solaire utilisées en photographie suivant la durée de la pose avec les plaques ordinaires et celles dites orthochromatiques, (fig. 16).

' l» IHaqves ordinaires rapides.

Pose instantanée : l'iili'pression va de F jusqu'au milieu de l'intervalle entre H et G.

2 secondes de pose : l'image s'étend' jusqu'à K d'un côté et jusque dan« le voisinage de E de l'autre côté.

/5 secondes de pose : l'impression se prolonge au delà de h du côté de l'ultra-violet, et s'étend presque jusciu'à D du côté du rouge.

11 suffit donc de faire poser un temps assez loug une plaque ordinaire pour qu'elle soit impressionnée par les rayons les moins actiniques.

A mesure que la pose s'exagère, l'intensité de l'impression s'accroît entre. H et E, et beaucoup moins rapidement de E à A. On possède alors une plaque ayant trop posé pour le bleu et à peine suffisamment pour les autres couleurs.

Influence d'un vei^e de covlevr intei-posé. — Le verre bleu ne réduit que très faiblement l'image pendant les poses instantanées, môme pour la région ultra-violotte.

Un \Qvre jaune ne réduit pas l'intensité de l'image du côté du rouge, mais il la réduit du côté du bleu, c'est-à-dire de H à Tultraviolet. Si, au lieu de poser 1 seconde, on pose 30 secondes, toutes

les couleurs impressionnent la plaque et, en outre, comme Faction du bleu est très ralentie les inégalités d'impression s'atténuent. Donc, en photographie, dès qu'on peut prolonger la pose, il faut interposer devant l'objectif un verre jaune assez foncé. La meilleure plaque orthochromatique est une plaque ordinaire avec un verre jaune. Un verre vert réduirait encore l'impression du côté du bleu, mais son emploi ne serait avantageux qu'avec une pose trop exagérée.

2° Plaques dites orthochromatiques.

Les substances dont ces plaques sont recouvertes les rendent beaucoup moins sensibles aux rayons bleus que les plaques ordinaires. Leur sensibilité s'étend un peu du côté du rouge au delà de D, mais sans atteindre en aucune façon la raie A à moins de pose exagérée. Ces plaques se comportent en réalité comme une plaque ordinaire devant laquelle on aurait placé un verre jaune, mais leur sont très inférieures.

. Elles sont, malgré les prospectus, fort peu sensibles dans le vert (entre £ et F), c'est-à-dire justement dans la région où la sensibilité serait, en cas de paysage, la plus nécessaire. En outre si leur sensibilité est plus grande que celle des plaques ordinaires du côté du rouge, elle l'est beaucoup moins du côté du viobt. Si on les emploie avec interposition d'un verre jaune comme on l'a proposé les effets sont désastreux. L'impression entre E et F, c'est-à-dire dans la région du vert, qui était déjà insuffisante, est arrêtée net. Les plaques orthochromatiques, celles du moins fabriquées en France et qui sont les seules quf> j'ai étudiées, possèdent, en dehors des défauts précédents, celui d'être voilées. Même quand on les développe dans une obscurité complète, elles donnent des images grisés et plates.

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