PHOSPHORESCENCE DES ÊTRES VIVANTS
La phosphorescence des êtres vivants fut considérée pendant longtemps comme un phénomène assez rare manifesté par un très petit nombre d'animaux et de végétaux.
Elle avait été observée cependant de toute antiquité. Sans parler de la « mer de feu », connue nécessai^ rement des navigateurs, dont la luminosité est produite par la présence d'infusoires, les anciens auteurs ont mentionné la phosphorescence de certains animaux marins. Pline avait fait remarquer que le liquide s'écoulant des pholades rend lumineuses dans robscu*rité les lèvres et les mains de ceux qui mangent ces mollusques. Fisher rapporte, dans son Manuel de Conchyliologiej que Réaumur « a constaté que des fragments de ces animaux restent lumineux après leur séparation du corps et que, desséchés, ils peur
vent émettre de nouveau de la lumière lorsqu'ils sont humectés ».
Jusqu'à ces dernières années, le nombre des animaux phosphorescents connus était assez restreint. Personne ne pouvait soupçonner que les profondeurs si longtemps inaccessibles des vastes océans, où régnait, pensait-on, une nuit éternelle, étaient habités par d'innombrables êtres lumineux. Depuis que des instruments convenables permirent d'étudier les habitants des mers à plusieurs milliers de mètres de profondeur, tout un monde nouveau a été révélé.
On sut alors que le fond de la mer était tapissé de véritables forêts de polypiers phosphorescents, et que les plus petits comme les plus volumineux des animaux habitant ces profondeurs ténébreuses possèdent souvent des organes capables de les éclairer dans les abîmes où ils vivent.
Ces organes phosphorescents des animaux marins revêtent des dispositions très variées. Quelques-uns sont placés sur les diverses parties du corps; d'au 1res dans l'œil lui-même ou au-dessus, et ont été assez justement comparés à des lanternes de bicyclettes. Le docteur Richard, conservateur des collections du prince de Monaco, m'a montré toute une série d'animaux marins phosphorescents, notamment de grands poissons possédant de chaque côté du corps de véritables lanternes, qu'ils peuvent masquer à volonté. Tous ces êtres ont fait l'objet de nombreuses études, d'ailleurs presque exclusivement anatomiques.
A côté de ces animaux phosphorescents, il faut citer les bactéries lumineuses apparaissant sur le corps des poissons de mer peu de temps après leur mort et avant leur décomposition.
Elles peuvent être cultivées très facilement par les procédés classiques. On fabrique un excellent bouillon de culture avec de Teau ordinaire contenant 3 **/o environ de sel marin et 1 % d'asparagine. Lés flacons