PHOSPHORESCENCB PAR RÉACTIONS CHIMIQUES, ETC
vendus sous le nom de Lumière vivante à TExposition de 1900 Curent obtenus avec des produits analogues. J'en ai préparé de semblables simplement en grattant avec une lame la surface d'un hareng et introduisant la partie grattée dans des ballons pleins du liquide précédent. Au bout de vingt-quatre heures ils possèdent une luminosité qui se conserve pendant trois ou quatre jours.
Malgré diverses recherches on n'est pas parvenu à déterminer les corps chimiques produisant la phosphorescence. On sait seulement que ce phénomène peut survivre à l'existence de l'animal. Carus avait déjà vu que des organes lumineux du lampyre d'Italie, desséchés et broyés, reprenaient la phosphoresoence perdue, simplement en les humectant.
Ces phénomènes de phosphorescence des êtres vivants sont dus à des réactions chimiques exigeant la présence de Tair et de l'eau. Quand ces deux éléments sont supprimés, elle disparaît. Nous avons montré plus haut que pour certains corps, bien définis, l'hydratation s'accompagnait toujours de phosphorescence.
Le spectre de la phosphorescence des êtres vivants paraît présenter quelques variations suivant les animaux. Il impressionne la plaque photographique très rapidement. J'ai pu reproduire des clichés avec deux minutes de pose en prenant, comme source lumineuse, des poissons devenus phosphorescents après leur mort, par le développement des bactéries lumineuses.
La phosphorescence des êtres vivants présente dans ses effets d'étroites analogies avec celle produite par les divers corps déjà examinés. Elle en diffère dans ses causes, puisqu'elle n'est engendrée ni par la lumière ni par la chaleur. Par ses effets comme par ses causes elle se rapproche beaucoup des phosphorescences par réactions chimiques examinées plus haut.
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§ 5. — LA PHOSPHORESCENCE DES QAZ. — LES CIkUSES DE LA^LUMIÉRE DES ASTRES.
L'étude des décharges électriques dans les gaz montre le rôle de Télectricité dans la production de la phosphorescence. Les causes diverses de ce phénomène étudiées précédemment, telles que la lumière et la chaleur, agissent peut-être en provoquant indirectement des manifestations électriques capables de produire la phosphorescence.
Pour la phosphorescence des gaz, le rôle de Télectricité est parfaitement net puisque seule elle peut les rendre lumineux. La chaleur la plus élevée, et alors même qu'on chauffe les gaz sous une épaisseur de un mètre, ne leur donne qu^une luminosité à peine perceptible; introduits à l'état raréfié dans un tube traversé par un courant électrique, ils deviennent au contraire très lumineux. Il suffit même pour obtenir la phosphorescence de placer le tube contenant le gaz raréfié dans le voisinage d'un résonateur de haute fréquence ou encore de le soumettre à l'action d'ondes électriques. Avec des tubes contenant de Thélium, la luminosité est assez vive pour qu'on ait pu les employer comme révélateurs de ces onde».
La phosphorescence obtenue par l'éleclrisation des gaz est relativement assez vive, mais jusque dans ces dernières années on n'espérait pas la rendre assez intense pour l'éclairage.
La remarquable découverte de la lampe à mer* cure montra l'éclairage par phosphorescence industriellement utilisable et prouva une fois de plus à quel point l'incandescence était indépendante de la phosphorescence.
On sait que cette lampe consiste dans un long tube de verre muni d'électrodes, l'une en fer, l'autre ea mercure. Si, après y avoir fait le vide, on met les
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électrodes en relation avec und source d*électricité, les traces de gaz et de vapeur de mercure qu'il contient deviennent vivement phosphorescents. Dans cette luminescence il n*y a évidemment aucun phénomène d'incandesceiicfi à invoquer, car la température à rintérienr du tube est d'environ 125 degrés seulement, c'est-à-dire très inférieure à celle nécessaire pour rendre un corps incandescent; la flammé d'une bougie possède, comme on le sait, une température d'environ 1.700 degrés.
Le spectre de la phosphorescence des gaz tel que le donne la lampe à mercure contient très peu de rouge et d'infra-rouge, aussi celte lumière est d'un rendement très supérieur à celui de l'éclairage ordinaire par incandescence. Pour obtenir ce dernier il fautd'abord produire une quantité énorme de radiations calorifiques invisibles et par conséquent inutiles. Nos procédés actuels d'éclairage sont barbares, comme on l'a reconnu depuis longtemps. Alors que l'idéal serait de produire seulement la partie du spectre visible et non sa partie invisible, une flamme de gaz ordinaire ou l'arc électrique contient seulement 1 **/,> de radiations utiles, 99 Vo de l'énergie produite se manifeste sous forme de chaleur obscure. Cela revient à dire que lorsque. nous brûlons pour 100 francs de gaz, 99 francs sont entièrement perdus et 1 franc seulement utilisé. Avec la phosphorescence d'une lampe à mercure, sur les 100 francs dépensés 40 francs paraissent servir à l'éclairage. Le rendement des animaux phosphorescents tels que le ver luisant, est encore très supérieur, puisque la presque totalité de l'énergie dépensée se transforme en lumière visible. L'éclairage par la phosphorescence sera probablement celui de l'avenir.
Il n'est pas pour cette seule raison nécessaire de poursuivre l'étude de la phosphorescence des gaz. J'ai toujours regretté qu'elle fût trop coûteuse pour mes
modestes ressources parce que je suis persuadé que sa connaissance approfondie ouvrira des aperçus toul nouveaux sur les plus grands problèmes de la physique et de l'astronomie.
La phosphorescence par actions électriques donne aux atomes les mêmes propriétés radiantes que la chaleur. L'énergie intra-atomique doit jouer un rôle dans la production de ce phénomène, car les gaz des tubes précédents sont fortement ionisés, c'est-à-dire dissociés par le passage du courant.
C'est probablement à l'influence d'actions électriques analogues à celles dont nous venons de montrer les effets, que certains astres, principalement composés de gaz comme le prouve leur spectre, doivent leur éclat lumineux. Puisque les corps gazeux ne peuvent briller par incandescence comme nous l'avons vu, il faut bien chercher d'autres causes que la chaleur à la lumière de beaucoup d'éloiles.
Mais si des astres sont simplement lumineux par les actions électriques analogues à celles étudiées plus haut, il s'ensuivrait que des étoiles auxquelles on attribue maintenant une chaleur extrêmement élevée pourraient être au contraire à une température relativement, très basse. Ce ne serait peut-être qu'aune certaine phase de leur existence qu'elles brilleraient par incandescence.