‹ L'evolution des formes animales avant l'apparition de l'hommeChapitre 19 sur 56 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

LES VERS r-

Oîrgaaismes problématiques. TenUcuIites. Vers tubicoles. Annélides errantes. - 'y''

Conodontes. ^

Organismes problématiques. — Les Vers n'ont en ;î

Paléontologie qu'une importance très secondaire, car •'!

ces animaux généralement mous et sans parties dures n ont laissé que peu de traces. Les seuls vestiges incontestables de Vers sont les tubes calcaires et les mâchoires de certaines annélides. Cependant beaucoup de restes problématiques trouvés dans les couches géologiques les plus anciennes ont été rapportés à des Vers.

Dans le grès à Bilobites du silurien, on trouve souvent de petits tubes disposés perpendiculairement ou obliquement à la surface des bancs et remplis par la substance minérale de la roche. On leur a donné le nom de Scolitbes (Scoliibus linearis). Ce seraient des traces de Vers perforants; mais leur origine est encore douteuse. II en est de même des empreintes cambriennes appelées NemertiteSy Neréites, Myrianites, etc., par analogie avec les Vers. Pour Nathorst, il s'agirait là de pistes de Mollusques ou de Crustacés.

Suivant d'autres paléontologistes, ces traces répondraient à des Vers cuirassés auxquels on a donné le nom de Cataphr actes.

A la surface des ardoises d'Angers, on remarque souvent des empreintes pyriteuses dendroïdes rappelant les Fougères. M. de Saporta leur a attribué une origine végétale et les a appelées Eopteris. Pour Hermite et

pRiBM, Formes animales. 8

d autres Paléontologistes ces empreintes seraient dues à des Vers nus sans téguments calcaires. La matière pyriteuse serait arrivée après coup et en diffluant à droite et à gauche elle aurait fourni cette apparence dendroïde particulière.

Teniaculites . — Dans les couches siluriennes et devoniennes d'Europe et d'Amérique, on trouve souvent en abondance des coquilles fossiles appelées Tentaculiies. Ce sont des tubes calcaires, de forme conique, présentant des côtes annulaires transversales. Entre les anneaux, il peut y avoir des stries parallèles également transversales, ou bien la coquille est lisse. A Textrémité inférieure de la coquille se trouve souvent une petite vésicule. Ces tubes sont libres dans la roche. Leur nature est encore douteuse. On les a d'abord rapprochés des Dentales, puis on les a pris pour des épines de Brachiopodes. Récemment même on les a regardés comme des coquilles de Mollusques Ptéropodes et on les a rapprochés du genre actuel de Ptéropodes appelé Styliola, Mais cette ressemblance est toute superficielle, aucune coquille conique de Ptéropode n'atteint la grandeur des Teniaculites ; aucune ne présente les forts anneaux transversaux, ni la vésicule que Nowak a trouvée à l'extrémité des Tentaculites , Ceux-ci sont probablement des tubes de Vers voisins des Serpules.

y ers Tubicoles. — On trouve, comme nous l'avons vu en commençant, des restes incontestables de Vers, sous forme de tubes. Ils sont analogues aux Serpules actuelles.

Le tube des Serpules est irrégulier et fixé en grand partie. L'extrémité supérieure est circulaire. Le genr Serpula se rencontre souvent sur des coquilles d

I époque secondaire. Il est particulièrement commun dans le purbeckien de l'Allemagne du Nord et du Boulonnais et dans les couches cénomaniennes de Saxe.

Un genre yoisin est le Spirorîns. C'est une Serpule de petite taille enroulée sur elle-même. Le Spirorbis carbonarius se rencontre souvent à la surface des schistes houillers.

D'autres SerpuUdés sont les Vermilia et les Rotularia. Les Vermilia sont des Serpules adhérentes sur toute Içur longueur. La section du tube est triangulaire au au lieu d'être circulaire parce que ce tube est muni d'une crête saillante qui se prolonge supérieurement pour former une dent. Le genre Rotularia se rencontre dans l'éccène supérieur et l'oligocène du Sud de l'Europe.

II comprend de petites Serpules {Rotularia ou Serpula spirulœa) non adhérentes enroulées dans un seul plan et qui se prolongent par un tube droit plus étroit.

Annélides errantes, — Les Annélides errantes, c'està-dire non pourvues de tubes, sont représentées par des mâchoires inférieures calcifiées dJEunices et de Néréides, Ces mâchoires, dont la grandeur est de quelques millimètres, présentent de nombreuses dents pointues. Il y en a déjà dans le silurien, le dévonien, le carbonifère, surtout en Amérique (Arabellites cornutus, Eunicites clintonensis), II y en a aussi dans les schistes lithographiques de Solenhofen et dans les couches éocènes à poissons de Monte Bolca, près de Vérone.

Conodontes. — Il faut rapprocher de ces rester d'autres fossiles appelés Conodontes (fig. 52), Ils furent décrits d'abord par Pander qui les découvrit dans les couches cambriennes de Saint-Pétersbourg. Depuis on les a trouvés en grande quantité, surtout en Amérique. Ce sont des

corps microscopiques qui ressemblent extérieurement, abstraction faite de leur grandeur, aux dents des Requins. Certains Conodontes sont des pointes isolées; d'autres se composent d*une grande pointe accompagnée sur les côtés de pointes plus petites. Pander les prit pour des dents de poissons ; d autres les regardèrent comme des

FiG, 52. — Conodontes,

dents de Gastéropodes, des épines de Crustacés à cuirasse, des soies protectrices de Vers, etc. Tout récemment Zittel et Rohon( 1886) ont étudié microscopiquement la structure des Conodontes et montré qu'au point de vue histologique ils diffèrent absolument des dents des Poissons. Au contraire ils ressemblent beaucoup par leur forme extérieure et leur structure interne aux mâchoires des Annélides et des Géphyriens.

On peut encore citer comme vers fossiles un Némat helminthe (Mermis antiqua) trouvé dans l'abdomer d'un Coléoptère des lignites du Rhin; des Ânguillules e des Mermis trouvés dans le succin ou ambre jaune

Page 1