CHAPITRE X
Crustacés. Trilobites. Principaux types de Trilobites. Gigantostracés. Rapports avec les Limules actuels. Affinités des Trilobites. Crustacés secondaires et tertiaires. Rapports avec les espèces actuelles des profondeurs. Evolution des Crustacés. Arachnides. Insectes Premières traces d'Insectes dans le Silurien. Insectes carbonifères. Insectes de l'époque secondaire. Insectes tertiaires Relations des Insectes et des plantes fossiles. Evolution des Insectes Myriapodes.
Crustacés. — Trilobites — Les Arthropodes actuels se divisent en quatre classes : les Crustacés, les Arachnides, les Insectes et les Myriapodes. Les quatre classes se trouvent représentées dans les temps géologiques et celle
qui se développe d'abord est la classe des Arthropodes aquatiques ou Crustacés.
Les Crustacés apparaissent, avec une multitude de formes, dès le commencement de Tépoque primaire ; et leurs différents types se rangent presque tous dans Tordre des Trilobites, qui ne survit pas à la fin des temps primaires. 11 se montre avec le cambrien pour disparaître avec le permien.
L'organisation des Trilobites est très remarquable. Le corps se divise en trois lobes aussi bien dans le sens longitudinal que dans le sens transversal (fig. 122); c'est ce qui leur a valu leur nom (animaux à trois lobes). Les trois lobes transversaux sont : la téte^ le thorax divisé en anneaux plus ou moins nombreux, et V abdomen ou pygidium. La tête présente une partie renflée, la glabelle et deux parties latérales ou yo«^5 qui se terminent souvent par deux longues pointes, les pointes génales. Les anneaux du thorax présentent des appendices appelés plèvres. C'est à cause de ces plèvres que le corps présente trois lobes dans le sens de la longueur. — On voit souvent sur la tête, à l'endroit où les joues se rattachent à la glabelle, les empreintes de deux yeux très nets. Ce sont des yeux à facettes comme ceux des Arthropodes actuels, et le nombre des facettes peut être très considérable. Dans certains genres, il peut n'y avoir que quelques facettes, tandis que chez d'autres, comme les Remopleurides, il y en a jusqu'à quinze mille. Certaines espèces sont privées d yeux et on les regarde comme /ant vécu dans les grandes profondeurs delà mer, ainsi îs Trinucleus^ On a même observé chez les Trilobites, es exemples de régression correspondant sans doute des changements dans les conditions d'existence; ainsi
\zTrinucleusBuihlandi3i, pendantsa jeunesse, des yeux qui disparaissent à l'âge adulte, comme on a pu le constater sur des individus de différentes tailles.
Les empreintes de Trilobites sur les roches ne montrent généralement que la face supérieure de l'animal; de plus, beaucoup d'individus sont enroulés à la manière des Cloportes actuels. Il en est résulté que pendant longtemps on n'a pas connu la face inférieure et par
suite les membres. Des savants américains, entre autres Walcott, ont été assez heureux pour découvrir, en faisant des coupes à travers ie corps de ces animaux, les membres jusqu'alors inconnus. Les Triiolites avaient des pattes-mâchoires articulées, ils avaient en outre des pattes locomotrices également articulées et divisées chacune en deux branches. Entre les pattes et les plèvres, il y a même des filaments souvent enroulés, qui ont dû être des branchies.
esdeTrilobiles. — Les Trilobites comptent mille espèces réparties en cent-quarante leurs sont particulièrement importants, us inférieur est le genre Agnostus dans le pygidium se ressemblent beaucoup : deux segments au thorax.
'doxides, au contraire, compte beaucoup orax, les pointes génales sont longues ;t petit. Ce genre, comme les précédents, ; cambrien et caractérise cette faune prtpar Barrande, en Bohême, et retrouvée (i888)parM.Bergeron, en France, dans ire.
re de la faune primordiale est le Conoce- §labelle est en forme de cône et dont les plèvres sont arrondies.
Les deux genres précédents sont remarquables par leurs plèvres présentant en leur milieu un sillon. La même disposition des plèvres se trouve chez les Trinuckus et les Calymene. Les Trinudeus (fig. 1 23) ont une tête très développée, la glabelle et les joues sont arrondies comme des noix (d'où le nom de Trinucleus), les pointes génales sont très grandes. Les Calymene (fig. 122) qu'on trouve en grand nombre dans les schistes d'Angers, ont un corps allongé, treize segments au thorax; leurs anneaux sont très mobiles les uns sur les autres, de sorte que souvent on trouve ces animaux enroulés en boule. Chez certaines formes, les plèvres au lieu de présenter n sillon, montrent sur leur ligne médiane un bourelet. Parmi ces formes à plèvres à bourrelets, l'une des )lus remarquables est le genre Acidaspis ;ie corps se proonge par de grandes épines.
Fait remarquable, on a pu suivre, en étudiant des individus de divers âges, toute la série de métamorphoses subies par une même espèce de Trilobite depuis la sortie de l'œuf. Le nombre des anneaux s'accroît progressive-' ment et l'ornementation change. C'est ce qui a lieu pour la Sao birsuta étudiée par Barrande (fig. 124). On a pu
même se servir de ces métamorphoses pour retrouver les phases de l'évolution de certains genres. Ainsi, d'après Ford, les formes jeunes à.'Olenellus ressemblent aux Paradoxides, et le Paradoxide serait le type ancestral de VOlenellus, si, comme on l'admet, les formes jeunes d'une espèce reproduisent les diverses phases de l'évolution de cette espèce.
Gigantostracés. — ■ Rapports aves les Limules actuels. — Dans le silurien et le dévonien on trouve des Cru tacés très remarquables k la fois par leur organisation leur grande taille. On en a fait le groupe des Gigani s tracés.
LES ARTHROPODES 2i)7
L'un d'eux, le Pterygotus anglkus (fig. 125) avait jusqu'à i",8o de long. Comme chez les Limules actuels ou Crabes des Moluques les membres sont réunis autour de la bouche et présentent des épines servant à broyer les aliments. Le corps se termine par une large rame, qui remplace l'aiguillon caudal des Limules (fig. 126).
FiG. ij^. — Picryeolus tagHcm. Fig, iifi. — Limulg vu en de»ou«
V Eurypterus au contraire présente ce glaive des Limules.
La grande différence des Gigantostracés et des Limules )nsiste en ce que chez les premiers il y a un abdomen lobile composé de six segments, tandis que chez les iconds l'abdomen est représenté seulement par l'ailillon terminal; mais il existe de véritables Limules
(Hemiaspis) paléozoïques à abdomen segmenté ; les Limules constitués comme ceux d'aujourd'hui n'apparaissent qu'à l'époque secondaire. On voit donc que les Limuies et les Gigantostracés sont étroitement alliés.
Affinités des Trilobites. — Il est plus difficile de trouver la véritable place des Trilobites dans la classification. On les a souvent rapprochés des Isopodes, qui ont aussi de nombreux segments, peuvent se rouler en boule (ex.: le Cloporte), ont des pattes abdominales aussi bien que thoraciques, ce qui est le cas des Trilobites ; mais le nombre des segments est constant chez les isopodes, il ne l'est pas chez les Trilobites. Burmeister rapprochait les Trilobites des Phyllopodes actuels, car le bouclier céphalique de l'Apus ressemble beaucoup à la tête des Trilobites. Mais Dohrn, en 1871, a montré que quand le Limule sort de l'œuf, il est nettement trilobé suivant la longueur et se compose de neuf segments libres et mobiles. Il y a, en outre, un grand bouclier céphalique divisé par deux sillons en une glabelle et deux joues. En un mot il rappelle absolument les Trilobites. Ce stade du développement a été nommé par Dohrn le « stade trilobitique ». Les rapports de parenté des Trilobites avec les Limuies sont donc indiscutables et les derniers représentent dans le monde animal actuel les Crustacés primitifs.
Crustacés secondaires et tertiaires. — • Les Crustacés secondaires et tertiaires ont les plus grandes analogies avec les Crustacés actuels et appartiennent à des groupes très bien représentés aujourd'hui.
On trouve comme on Ta déjà vu des Limuies dans 5 terrains secondaires, et en particulier de belles emprein i à Solenhofen ; il y en a aussf dans la craie et le tertiai .