CÉTACÉS
par le condyle. Les Cétacés se divisent en deux grands groupes : les Deniicètes munis de dents et les Mysiicètes dépourvus de dents. Chez ces derniers, la voûte du palais porte des lamelles cornées ou fanons.
Les Cétacés apparaissent dès le commencement des temps tertiaires. Dans Téocène, on trouve les Zeuglodons qui ont des caractères mixtes. Ils se rapprochent des Pinnipèdes par leur crâne ; les os nasaux sont placés normalement^ les dents sont à deux racines et rappellent celles des Phoques et des Carnassiers ; les vertèbres du cou, à l'inverse de celles des Cétacés, sont longues et libres; les doigts aussi sont quelque peu mobiles. Le genre Squalodon, commun dans le miocène et le pliocène, se trouve déjà dans l'éocène de l'Amérique du Nord. 11 se rapproche davantage des Cétacés actuels.
C'est dans le miocène et dans le pliocène surtout qu'on trouve le plus de Cétacés. Les sables pliocènes d'Anvers en ont fourni beaucoup. Les Dauphins commencent au miocène. Les Mysticètes (Baleines) sont plus récentes et indiquent un type très modifié; c'est ce que montre en particulier la présence, chez le fœtus des Baleines, de germes dentaires qui ne se développent pas. Dans le miocène se trouve le genre Cetotherium, sorte de petite Baleine dont les vertèbres cervicales sont libres et relativement longues. Dans le pliocène d'Anvers et d'Angleterre se trouvent les genres de Baleines actuellement vivants (Balœnoptera, Megaptera, Bakena).
L'origine des Cétacés est encore douteuse. A cause des Zeuglodon et Squalodon, il semble d'abord naturel de les faire dériver d'un type terrestre, des Créodontes, par l'intermédiaire des Pinnipèdes. Mais il faut remarquer que les Cétacés rappellent par un grand nombre de
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points d'organisation les Reptiles. Ainsi le tissu osseux est spongieux ; il n*y a pas de cavité médullaire dans les os longs ; les vertèbres sont imparfaitement soudées à leurs apophyses ; la dentition est homodonte et les dents sont placées souvent dans une rigole générale sans alvéoles distinctes ; il n'y a pas de lèvres charnues et mobiles; le cerveau est très peu développé; enfin les membres antérieurs ressemblent surtout par leur nombreuses phalanges à ceux des Enaliosauriens (Ichthyosaures et Plésiosaures). A cause de toutes ces ressemblances, plusieurs naturalistes comme Cari Vogt et le docteur Durand de Gros regardent les Cétacés comme dérivés directement des Reptiles nageurs.
2° Siréniens. — Les Siréniens diffèrent beaucoup moins des Mammifères terrestres que les Cétacés. Les vertèbres du cou sont mobiles, tandis qu'elles sont ankylosées chez les Cétacés; les membres antérieurs ne sont pas aussi rigides, lavant-bras est mobile sûr le bras. Il n'y a jamais plus de trois phalanges aux doigts; le bassin est moins réduit que chez les Cétacés. Le crâne ne présente rien d'anormal, les os nasaux sont petits, la mâchoire inférieure présente une branche montante bien nette. La dentition est hétérodonte; il y a des incisives au moins dans les premiers temps de la vie, pas de canines, des molaires à large couronne. En somme, les Siréniens se rattachent aux Ongulés par leurs lèvres charnues munies de vibrisses, leur dentition, leur cou .distinct, leur crâne. Il faut les regarder avec Vogt comme une branche des Ongulés qui s'est adaptée à la v aquatique.
La forme la plus primitive est le Prorasiomus 4 eocène de la Jamaïque, dont la dentition est ençc
complète. Il a fourni le genre Manaius ou Li actuel qui a de nombreuses molaires ressemblant du Tapir.
V Halitberium commun dans le miocène, par e dans les Faluns de l'Anjou, a un bassin bien dév et même un fémur rudimentaire. Cet os se trot les espèces les plus anciennes, comme celles de de Fontainebleau et disparaît dans les espéc récentes. Les os nasaux sont petits ; les incisive Heures assez fortes, deviennent même des ( comme celles des Dugongs mâles actuels. Il faut r y Halitberium comme un type intermédiaire ei Dugongs et les Lamantins.
Dans lescouches marines miocènes de l'âge des on a trouvé dans le Tarn un Sirénien très vo Dugong (Halicore). Il a été étudié par M. Flot appelé pour cetle raison Prohalicore. L'extrémi rieure est exactement celle des Dugongs; les i sont biradiculées tandis que chez le Dugong la n la molaire est seulement parcourue par un sillon au genre Felstnotberium du pliocène d'Italie, il pei peine distingué du Dugong actuel.
Au siècle dernier vivait encore dans la mer un Sirénien appelé la Rhytine. Il a été compli anéanti depui 1768. La Rhytine adulte était dé| de dents; toutefois dans les prémaxillaires on deux alvéoles qui semblent indiquer la présence jeune âge de dents rudimentaires ; deux plaques sillonnées, l'une au palais, l'autre à la mandibul plaçaient les dents. La Rhytine dérive probablet Crassitherium robustum de l'oligocène de Belgiqi
Edentés. — Leur origine. — Les Edentés s
Mammifères toujours dépourvus d'incisives, et quelquefois même absolument privés de dents (Fourmilier, Pangolin). Les dents, quand elles existent, ont toute la même forme; la dentition est donc homodonte. Ces dents sont à croissance continue ; elles ne sont formées que d'ivoire recouvert de cément; il n'y a pas d'émail- On connaît peu de chose sur l'origine desEdentés. Usent des rapports avec les Ongulés; nous avons vu plus haut que le Macrotberium et Y Ancylotberium que leurs extrémités avaient fait considérer d'abord comme des Edentés sont en réalité des Ongulés. D'autre part, on a trouvé dans l'éocène du Nouveau-Mexique et du Wyoming certaines formes, les Calamodontidés^ connues seulement par leur mâchoire inférieure, mais qui ont des analogies avec les Edentés. En effet, les dents n'ont pas d'émail ou en ont fort peu. On connaît le genre Psittacoiherium de Puerco et le Calamodon des couches de Wasatch dans le Wyoming. 11 faut peut-être chercher dans ces Calamodontidés alliés eux-mêmes aux Tillotherium la souche des Edentés.
Edentés d'Amérique. — Leur évolution. — 11 y a un argument à faire valoir en faveur de cette hypothèse, c'est ce fait que la grande majorité des Edentés habite l'Amérique. Dans l'ancien continent vivent seulement les Pangolins et les Oryctéropes qu'on trouve à l'état fossile dans le pliocène de Samos et dans les couches des monts Siwalik. Au contraire, les Paresseux, les Tatous, les Fourmiliers sont propres à l'Amérique du Sud, et c'est aussi dans le pliocène et le quaternaire de cette région qu'on a découvert la presque totalité des Edentés fossiles.
Le genre Megatberium (fig. 1 74) a été trouvé d'abord dans la formation des Pampas. Une des espèces (Af. Cu^ vieri) a été dédiée à Cuvier. Cet animal avait une Ion-
gueur d'environ 4 mètres et une hauteur de 2 mètres et même2'", 50. La tête est petite et présente l'apophyse zygomatique descendante caractéristique des Paresseux, mais elle s'unit au temporal ce qui n'a pas lieu chez ces derniers. Les dents sont également plus serrées et forment une série continue sans barre. Le bassin est très puissant et la queue très forte. 11 y a quatre doigts en avant et trois en arrière. Trois des doigts dedevant étaient munis d'énormes griffes et aux membres de derrière le doigt du milieu portait aussi une forte griffe servant probablement à fouir la terre. Le Megatberium marchait d'ailleurs comme le Fourmilier sur le côté du pied. Ces pattes diffèrent beaucoup de celles des Paresseux qui sont armées de griffes recourbées, mais sont grêles et allongées.
Le Mylodon se place à côté du Megatberium et se trouve comme lui dans les deux Amériques. Il avait cinq doigts en avant et quatre en arrière, les deux extérieurs dépourvus de griffes. Chez le Megalonyx, les dents antérieures s'allongent et prennent la forme des canines; elle sont séparées des autres par une barre. Le squelette est moins massif que chez les précédents. Ce genre se trouve dans le pliocène de l'Amérique du Nord et au Brésil. Le genre Lestodon est voisin du Megalonyx, Le crâne ressemble beaucoup à celui des Paresseux actuels (Bradypus ou Aï, Cbolcepus ou Unau).
Le Megalonyx et le Lestodon constituent un groupe plus ancien et moins différencié que le Megatberium et le Mylodon. 11 est probable que les Paresseux descendent du premier groupe, tandis que le second a terminé s évolution sans laisser de descendance.
Le Scelidotberium des couches récentes de la Patagor et du Brésil a un crâne long et étroit ; il rappelle ainsi
LEMURIENS ^79
genre Myrmtcophaga (Fourmilier); il en est vraisemblablement la souche.
Dans les couches supérieures des Pampas et aussi d'une manière clairsemée dans le pliocène de l'Amérique du Nord se trouve le genre Glypiodon, Le crâne présente une arcade zygomatique complète avec une branche descendante énorme. Les vertèbres cervicales, sauf l'atlas sont soudées, il en est de même des vertèbres dorsales. L'animal est pourvu d'une carapace rappelant celle des Tatous, mais qui est formée de pièces soudées, tandis que chez les Tatous il y a des bandes dorsales mobiles. La tête et la queue étaient également cuirassées. Les dents présentent une surface triturante compliquée. Le Glyptodon clavipes mesurait jusqu'à l'extrémité de la queue environ 3 mètres de long ; la carapace d'une seule pièce a i'",50.
On ne peut pas regarder les Glyptodontes comme les ancêtres des Tatous, car on trouve dans les mêmes couches de vrais Tatous, à carapace plus ou moins mobile ; tels sont le Cblamydotberium qui atteignait la grosseur d'un Tapir, et YEutatus tout à fait semblable par sa carapace à bandes mobiles et le nombre des dents au genre actuel Dasypus.
Lémuriens. — Leurs affinités avec les Ongulés. — Les Lémuriens ou Prosimiens ont le pouce opposable aux deux paires de membres comme les Singes. Ils sont presque tous cantonnés à Madagascar (Makis, Indris). Leurs affinités sont complexes. La dentition des Lémuriens ressemble beaucoup à celle des Insectivores ; les molaires présentent des pointes coniques et aiguës. D'autre part ils ont avec les Ongulés des rapports incontestables. VAdapis parisiensis trouvé par Cuvier dans le gypse a
été rangé par lui parmi les Pachydermes à cause de ses molaires inférieures ressemblant à celles des Lophiodons, mais il a une astragale munie d'une gorge, analogue à celle des Makis. Il faut conclure de ces faits que les Lémuriens descendent de formes très anciennes alliées aux Insectivores primitifs et aux Condylartbra,
Dès Téocène on trouve des types lémuroïdes. Cope regarde comme tels le Pelycodus et VHyopsodus qui ont encore le nombre primitif de dents (quarante-quatre). Le Plesiadapis de l'éocène inférieur de Reims rappelle les Tarsiers actuels.
• A côté de ces derniers on peut ranger aussi un Lémurien de Téocène d'Amérique dont Cope a trouvé un crâne presque complet. 11 Ta appelé Anaptomorphusbomunculus, D'après Cope c'est le Lémurien qui se rapproche le plus des Singes anthropomorphes et il doit en être Tune des souches. 11 a la taille d'un Ouistiti; il y a deux prémolaires seulement a la mâchoire supérieure, bilobées comme chez les Singes; la canine est petite et dépasse à peine les prémolaires, les vraies molaires diminuent de taille en arrière ; les incisives sont droites au lieu d'être proclives comme chez les Lémuriens. La cavité crânienne est grande; les hémisphères cérébraux devaient être volumineux; le palais est large, ce qui rappelle encore les Anthropomorphes.
Singes, — Anthropomorphes tertiaires. — On connaît encore peu de chose sur les Singes fossiles ; mais il est bien établi que la séparation du type américain (Platyrrhiniens) et du type de l'ancien continent (Catarrhiniens) a existé de tout temps. Les restes de Singes trouvés dans les couches tertiaire et quaternaire d'Amérique sont peu nombreux et appartiennent tous à des Platyrrhiniens.