AVANT-PROPOS. IX
la clef de ce qui passait pour être alors toute la science, ont été les vrais maîtres et les vrais instituteurs des esprits. Rabelais dans son Pantagruel, Ronsard dans ses Odes, Calvin même dans son Institution chrétie7ine, ou Montaigne dans ses Essais, ne sont que les disciples de nos humanistes. Mais nous ne le savons qu'en gros; et, de nous le dire avec exactitude, voilà ce qui devrait tenter, me semble-t-il, comme un devoir de piété, quelqu'un de nos jeunes érudits, avant qu'un Allemand s'emparât du sujet. On se rappellera que ce sont deux livres allemands, celui de Burckhardt sur la Civilisation de la Renaissance en Italie, et le livre de Voigt, intitulé : Die Wiederhelebung des Classischen Alterthums, oder das erste Jahrhundert des Humanismus^ qui nous tiennent lieu, sans y suppléer, de celui que nous demandons.
Un autre ouvrage, d'un autre genre, n'intéresserait pas moins l'histoire de la littérature générale que celle même de la critique : je veux parler d'une Bibliographie du xvii^ siècle, dont les services déjà rendus par la Bibliographie Cornélienne de M. Emile Picot, et même par la Bibliographie Moliéresque de Paul Lacroix, disent assez éloquemment quelle serait l'importance. Si quelques