X AVANT-PROPOS
chefs-d'œuvre ont une date cerlainc, il y on a malheureusement d^auLres, comme le Pobjeuclc de Corneille, ou comme les Maximes de La Rochefoucauld, que nous ne pouvons « situer » qu'à deux ou trois ans près dans l'histoire. A plus forte raison, de moindres œuvres, qui ne sont point d'ailleurs empêchées par leur médiocrité d'élro presque capitales pour l'histoire d'un genre ^ flottent-elles dans une incertitude entière du vrai temps de leur publication . C'est le cas , par exemple, de plusieurs opuscules de La Mothe le Vayer et de Saint-Evremont. Au lieu de s'atteler à des besognes qui n'intéressent trop souvent que les seuls amateurs de livres, si quelque bibliographe nous donnait un jour cette Bibliographie du xvif siècle, il devrait donc adopter la disposition chronologique. Mais quand il en choisirait une autre, ce qu'il faudrait, c'est que le travail fiit fait ; et j'ajoute qu'à mesure que le temps s'écoule, la difficulté de le bien faire augmente elle-même d'année en année.
Nous manquons enfin d'un ouvrage, indispensable aussi lui pourtant, analogue à celui de M. Georges Bran des : Die Liiteratur des neunzehnlen Jahrhiinderts in ihren Hauptstrômungen ;
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mais mieux fait, plus personnel, et de plus de portée. Ainsi que j'essaye de l'indiquer dans une des Leçons qui suivent, le renouvellement de la critique, dans les premières années du xix^ siècle, a procédé pour une large part d'une connaissance plus étendue des littératures étrangères. Mais pour quelle part, c'est là le point; et, pour nous l'apprendre, il nous faudrait quelqu'un d'également versé dans la connaissance de quatre ou cinq liltératures. Au cours de ces Leçons^ comme en vingt autres occasions d'ailleurs, je ne sache pas d'ouvrage dont j'aie ressenti plus cruellement le manque, à tel point que, comme on le verra, je me suis demandé si je ne devrais pas essayer de l'écrire; et, reculant à un autre temps la question de VÊvolution des Genres, si je n'éludierais pas d'abord celle de V Influence des Litlératures étrangères sur la Littérature française. Mais j'ai eu peur de mon incompétence. .
Que si maintenant, en l'absence de tous ces secours, on s'étonnait que je n'aie pas moins tâché dans ce volume de retracer l'Évolution de la critique, ma réponse est bien simple : on ne ferait jamais rien si l'on attendait toujours; et puis, il y va d'une question de méthode.