‹ L'évolution des idées chez quelques-uns de nos contemporainsChapitre 29 sur 36 · DE FEMMES ST FÉMIKISHE · texte numérisé non relu

DE FEMMES ST FÉMIKISHE

M"^ Laure Prevel, fille du conseiller épouse Henri Déborda, normalien, prof issu d'une famille huguenote de l'Ard Mariage d'amour, à coup sûr ! Et d'amo noble. La veille de la cérémonie nuptiale, très obligeamment pour les lecteurs, ri un incident qui, en lui montrant le caracl son futur mari dans toute sa belle virilité du aussitôt vigoureux et profond un sen cependant tout nouveau : « Lorsque vou demandé ma main en septembre dans Villerville où nous nous sommes rencc vous m'aimiez bien un peu déjà, j'im; Même vous avez négligé de vous enqu^ chiffre de ma dot. Mais il fui question d( différence de religion. On vous demanda s consentiriez à vous mariera l'église. Vous dites que vous ne me voudriez point contr à élever vos enfants dans une foi qui ne point la mienne; mais que jamais non plu

■ .Cf. l'Un verê TAulre, par L.a. Cohpaui. Stock,

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dences d'une de ses amies, M""* Avilard mari rend malheureuse et dont le filsvîer malgré elle, condamné à l'internat.

Pourlanl, assez vite, Laure déchante une délicieuse mais courte retraite à lacai le jeune ménage gagne Vieux-Château, borda est professeur ; et voici que les commencent. Au fond, les dissentimen les époux resteraient sans importance ai chacun de son côté n'avait sa conception Hère du mariage et n'y tenait absolumen

Déborda aime Laure — mais il voudi ger d'elle l'obéissance passive, la traiter une enfant de dix ans, Laure aime Deb mais elle n'admet pas l'obéissance passî prétend qu'on raisonne avec elle, qu'on suite, que les décisions, en un mot, d'émaner du mari seul , soient prises en c par les deux époux. Dans ces condit impossible de vivre ensemble ! Si Laur c'est par lâcheté amoureuse; à chaque ■ elle se sent avilie ; et sa conscience le proche.

Un jour enfin, dans un grand efFc s'arrache à sa prison morale ; elle s'enfu

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fâcher : « Je n'ai pas besoin de discuter votn conception du mariage. Je priilends seulemeni que votre devoir strict était de me l'exposer non pas après, mais avant, puisqu'elle est ei opposition avec le Code, avec les mœurs, excep' tionnelle, inusitée, et que, par conséquent, je nt pouvais point la deviner. Et non seulement vous ne me l'avez pas exposée, mats voire conduit» devait me faire croire que vous aviez les idées de tout le monde. Comment ! vous m'aviez es limé plus, aime plus, parce que j'avais refusé df m'engager contre ma conscience au sujet de l'éducation religieuse de nos futurs enfants, parci qu'il me répugnait de prononcer sans convictior ce que voire père appelait une simple formuli de bienséance, et vous, solennellement, vont m'avez promis obéissance devant le maire e devant le pasleur, sans le moindre scrupule ? J( vous attribuais 'a même loyauté que vous avieî déclaré admirer chez moi: j'ai été trompé. Aujourd'hui je réclame, non point au nom d'um morale religieuse, puisque je ne crois à aucune; mais au nom de lasimple honnêteté naturelle, d( la probité la plus vulgaire, je réclame l'exécutior d'un contrat selon les termes mêmes que, libre^

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ment, vous avez consentis. » Laure répondrait peut-être que « la personne humaine est aliénable » ? Bien I Mais alors elle ne doit pas feindre de s'aliéner, quand rien ne Vy force, sauf la satisfaction de ses désirs... A quelque 'point de vue qu'on se place, cette petite libertaire est coupable.

Et elle nous étonne, elle nous étonne excessivement. Ses grands principes, où les a-t-elle pris ? Elle a vécu dans un milieu mondain, conservateur ; elle n'a jamais entendu parler de féminisme. Seulement son père et sa belle-mère lui laissaient faire tout ce qu'elle voulait... Cela expliquerait qu'elle fût une enfant gâtée, orgueilleuse et capricieuse (dans ce cas, d'ailleurs, elle n'agirait pas autrement), mais nous paraît insuffisant à constituer, en quelque sorte, la genèse d'une femme à convictions.

Du moins, Laure devient-elle ensuite ce qu'elle aurait dû être pour que nous comprissions son état d'esprit : elle se met au courant des doctrines nouvelles, elle lit des revues féministes, un quotidien de même nuance ; surtout elle se rend matériellement indépendante, elle se crée une vie solitaire et personnelle. En effet, pour

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échapper à la sourde hostilité de sa pour se donner en même temps une occ qui la distraie, qui la fortifie, elle passe mens d'ang-lais et devient professeur à normale de Villebelle.

Elle entre dans un monde supérie rencontre là une femme subUme et trois excellentes. La femme sublime est la di une sainte stoïcienne '. Et il semblerait de trouver chez cette intellectuelle — cl cerveline — le mépris du mariage. Sar elle y a renoncé pour elle-même, mais.

tez-Ia plutôt :

« Le sentiment que ma vie serait l incomplète et mutilée m'oppressait par n à un tel point que je me rappelle avoir larmes me monter aux yeux lorsque, ■ lieu public, je rencontrais des jeunes m des mères avec leurs enfants. Il fallait cesregrets qui menaçaienld'éteindre le enthousiasme de mon œuvre. Je fis alor d'autres ont fait : au lieu d'attendre l'a cherchai à répandre celui dont mon ca plein. Résolumanl j'adoptai mes élèv

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