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Cette résolution était évidemment incompatible avec ce qui avait été proclamé ‘par certains au cours du Congrès, sur l’impérieuse nécessité qu’il y avait d'introduire dans les Etats européens le régime constitutionnel, afin de se conformer aux intérêts légitimes des peuples. Aussi les déceptions éprouvées furent-elles grandes; les peuples avaient espéré qu’une fois délivrés du joug français, ils verraient enfin se réaliser les assurances qui leur avaient été données par leurs souverains, au moment de la guerre pour l’indépendance.
Devant le retour à l’ancien état de choses, le désenchantement fut universel, car les mesures réactionnaires adoptées en commun au Congrès de Vienne, et mises en vigueur par les souverains dans leurs Etats respectifs, prouvèrent surabondamment qu'il fallait considérer comme nulles et non avenues les promesses faites quelques années auparavant, Les conséquences naturelles de la politique adoptée par la Sainte-Alliance furent donc, dans presque toute l’Europe, une fermentation générale des esprits et un désir universel de s’affranchir des entraves qui arrêtaient le développement de la vie sociale et empêchaient les citoyens de prendre part à la vie publique.
Les mesures prises au Congrès de Vienne furent confirmées trois ans plus tard au Congrès d’Aïx-la-Chapelle. Il apparut alors encore plus clairement à tous que les grandes puissances avaient la ferme intention de n’accomplir aucune réforme libérale, ni de permettre, à plus forte raison, aucune révolution intérieure au profit de la liberté et des droits des peuples. Bien mieux,
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sur l'initiative de l'Autriche, on décida aux conférences de Carlsbad d’adopter une série de mesures dirigées contre les mouvements libéraux des Etats compris dans la Confédération germanique. A plusieurs reprises, à l’occasion des révolutions qui éclatèrent en Espagne, au Portugal et à Naples, les souverains des grandes puissances alliées considérèrent que, bien que d'ordre intérieur, ces affaires intéressaient toute l’Europe, et que l’ordre légal devait être rétabli par l’intervention des armées étrangères. Es
Le principe adopté était lourd de conséquences, car il permettait aux cinq grandes puissances de l’époque, Angleterre, France, Autriche, Prusse et Russie, de diriger à leur guise l’Europe. Mais l'accord ne dura pas ; l'Angleterre, la première, refusa d'appliquer le principe de l'intervention. Puis l'insurrection grecque fut le point de départ de toute une série de bouleversements et de révolutions qui modifièrent, et enfin détruisirent le système politique européen adopté par le Congrès de Vienne, La révolution française de 1830 fut à l’origine d'un premier mouvement populaire, qui éclata simultanément en divers points de l'Europe ; la Belgique y conquit son indépendance sur la Hollande.
La nouvelle révolution qui éclata en France en 1848 fut suivie de troubles dans toute l’Europe centrale. Des mouvements populaires eurent lieu en Prusse, en Autri- che, en Hongrie, en Italie ; ils furent brisés, parfois grâce à l'intervention étrangère. Mais l’élan était donné, et les idées démocratiques étaient désormais profondément ancrées, malgré une répression farouche, dans le