‹ L'Évolution Des Méthodes DiplomatiquesChapitre 30 sur 46 · DRE · texte numérisé non relu

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respect du droit et de la liberté. Depuis la Révolution, et sauf de rares éclipses, la France avait lutté pour les libertés. De même, en Angleterre, existait une règle non écrite, mais profondément gravée dans la morale et la sensibilité, et selon laquelle l'abus de la force, la « cruelty », est une chose dégradante, une chose qui avilit. Incarnée par la France et l’Angleterre, la civilisation occidentale s'était laissée distancer sous le rapport de l’organisation et du travail scientifique ; l’individualisme, parfois excessif, y gênait l’effort collectif ; elle n’était pas exempte d'erreurs et de défaillances, mais sa supériorité résidait dans son principe, le libéralisme.

L'on conçoit aisément que dans ces conditions la diplomatie de l'Allemagne ait travaillé dans un sens peu favorable au maintien de la paix. Une note secrète datée de 1913 et adressée à l’ambassadeur d’Allemagne à Vienne traduit parfaitement l’état d’esprit qui régnait à Berlin depuis déjà plusieurs années :

« Il faut, disait la note, mener les affaires de: telle » sorte que sous la pesante impression d’armements » puissants, de sacrifices considérables, et d’une situa- » tion politique tendue, le déchaînement de la guerre » soit considéré comme une délivrance parce qu’après » viendraient des décades de paix et de prospérité » comme après 1870. »

La guerre devint inévitable parce qu'elle paraissait indispensable aux Empires centraux pour assurer définitivement leur hégémonie, leur puissance, leur richesse. Elle put être différée grâce à la souplesse et aux concessions multiples de la diplomatie des Puissances

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