‹ L'évolution des moyens de transport [microform]. Voyageurs--lettres--marchandisesChapitre 26 sur 75 · LETTRES CONFIÉES AUX FERMIERS DBS POSTES · texte numérisé non relu

LETTRES CONFIÉES AUX FERMIERS DBS POSTES

coanaît les embarras d'un mécanisme nouveau, qu'entravait par surcroit la guerre étrangère : en effet, les maîtres de poste, déjà très irrégulièrement payés, avaient été réquisitionnés pour former des compagnies de postillons militaires et, par suite de cette levée malencontreuse, « les postes, écrit Richelieu, périssent tout à fait

Depuis dix ans, Aimeras, à cette époque, n'était plus en fonctions. Son successeur, Jérôme de Nouveau, courtisan assidu quoique ridicule, jugea sans doute insuffisant à sa gloire le titre de « surintendant des postes », car il acheta successivement ceux de « capitaine de la meute des petits chiens blancs pour le cerf » et de « grand trésorier des Ordres du Roi », ce dernier moyennant 1.340.000 francs (1660). Son hôtel de la Place Royale (la mairie actuelle, place des Vosges) servait de rendez-vous à la meilleure compagnie ; sa table était renommée, mais lorsqu'il mourut des suites d'une chute de cheval (1665), il laissait 4.900.000 francs de dettes. De plus, il se trouvait « en perte d'office », selon le langage du xvu« siècle, ayant négligé de payer le droit annuel pour s'assurer l'hérédité de sa charge, qui fut perdue pour les siens et fit retour au Roi. Sa femme, « la plus grande folle du monde en bra-

verie », dit Tallemant, resta dans un complet dénûment.

Une gestion aussi médiocre de ses affaires particulières ne fait pas augurer, chez le surintendant de Nouveau, de hautes capacités d'organisateur dans la direction du service public qu'il avait hérité, bien rudimentaire encore, de son devancier. Les postes avaient pris pourtant, durant ces trente années, une extension que Ton pourrait croire automatique, si Tonne savait que des commis habiles, « maîtres des courriers du royaume », opéraient dans Tombre, tant pour eux-mêmes que pour le compte du principal propriétaire.

De propriétaire privé, les postes n'en eurent plus à dater de Louvois... ; la plus grande partie d'entre elles du moins, car le tout-puissant ministre de la Guerre, en réunissant au domaine royal le produit des postes dites intérieures dont les anciens tenanciers furent largement indemnisés, se fit octroyer à lui-même la jouissance des postes dites étrangères^ cadeau princier comme on le verra tout à l'heure. Il y eut ainsi (1668-1691) deux sortes de bureaux sous la surintendance de Louvois : les uns, ceux des frontières terrestres et maritimes, des territoires occupés par nos armées et d'une douzaine de départements

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