‹ L'évolution des moyens de transport [microform]. Voyageurs--lettres--marchandisesChapitre 25 sur 75 · LETTRES CONFIÉES AUX FERMIERS DES POSTES · texte numérisé non relu

LETTRES CONFIÉES AUX FERMIERS DES POSTES

comme ailleurs. Les premiers relais échelonnés en Allemagne, sur la route de Vienne à Bruxelles, par Tempereur Maximilîen n'étaient que pour sa commodité personnelle et c'était uniquement sur les fonds de la couronne qu'étaient payés encore en 1593 les 50.000 francs par an que touchait Tentrepreneur « Messire de Taxis ».

La transmission des correspondances privées s'était donc organisée toute seule, tant bien que mal, et si Ton veut absolument trouver aux postes modernes un fondateur, celui qui mérite ce nom fut un fonctionnaire en son temps fort effacé et inconnu de l'histoire : Pierre d'Alméras. Le « Grand Maître des coureurs, » institué sur le papier au xv^ siècle, avait été remplacé au xvi° siècle, toujours sur le papier, par un « Contrôleur général des Postes », jusqu'à ce qu'un édit de Henri IV (1608) confiât ce rôle, précédemment imaginaire, à un « général des postes » en chair et en os : ce fut Guillaume Fouquet de la Varenne, longtemps porteur attitré des « poulets » d'amour et même un peu proxénète du Vert-Galant. Son successeur (1612) Pierre d'Alméras, fils d'un partisan de Languedoc, riche financier lui-même, qui paya cette charge 2.500.000 francs, s'avisa que les courriers officiels, « tenant la poste pour le Roi » le long des

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grandes routes, feraient, avec les chevaux frais dont ils étaient propriétaires, Une concurrence utile aux messagers qui voyageaient lentement pour ménager leurs montures.

Aux estafettes qui portaient les dépêches de la Cour il permit de se charger de celles du public ; puis, rinnovation ayant réussi, il établit des courriers ordinaires, — Tadjectif devint rapidement un substantif : « le prochain ordinaire », — partant et arrivant à jour fixe et les multiplia, ainsi que les bureaux, au fur et à mesure des besoins et de la clientèle. Des lettres patentes donnant à Aimeras juridiction sur les maîtres de postC; c'est-à-dire créant quelque cohésion, et un premier tarif, bien succinct, des ports de lettres (1625), telles furent les deux mesures, noyées au milieu du fatras d'ordonnances fiscales d'un jour, qui se trouvèrent amorcer sans bruit Tun des organismes vitaux de la société future. La hiérarchie, tentée par Aimeras, fut repoussée d'abord aussi bien par les agents qu'il s'agissait d'embrigader que par les autorités provinciales qui prétendaient garder ces subalr ternes sous leur dépendance ; le tarif, mal accepté du public qui préférait marchander avec les courriers, ne prit force de loi qu'au bout d'une vingtaine d'années ; délai assez bref pour qui

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