LETTRES CONFIÉES AUX FEBMIEBS DES POSTES
ment sur le défaut de fixité des tarifs, l'ancienne part de LouTois fut confiée provisoirement à un maître des requêtes, qui en compterait devant le Roi seul. Le monarque arrêtait les états de sa main, « travail, disait Pontchartrain, plus considérable que celui d'un écrivain à gages » ; mais Louis XIV ne reculait pas devant certaines cor-
vées. ,
La recette des 115 bureaux composant ce qu on
appelait les postes étrangères montait (169^à 3 580.000 francs, dont plus du quart, - 95b.UUU, provenait de 31 villes alors occupées par les armées françaises telles que Gourtray, Namur ou Tournay en Belgique, Trêves, Huningue ou Fribourg en Allemagne, Pignerol en Piémont, Genève et Neuchâtel en Suisse. La guerre n'empêchait pas la transmission réciproque des correspondances entre les belligérants, et notre bureau de Chambéry, par exemple, passait, « en dépenses », à l'armée de Gatinat les Lettres « pour des officiers ennemis ». . „ j
Dans les départements du Nord, du Pas-de- Calais et de la Somme, possédant ensemble trentequatre bureaux d'un rendement brut d'un million de francs ; dans l'Alsace, la Lorraine et la Franche-Gomté, qui toutes ensemble ne comptaient que dix-neuf bureaux produisant 67?.000 francs.
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les agents de Louvois fonctionnaient seuls, tandis que dans TAisne, TOise ou les Ardennes, leurs douze bureaux partageaient le service avec la Ferme générale. En outre, pour les frontières maritimes ou pour celles d'Italie et d'Espagne, les lettres étaient centralisées dans dix-huit villes, telles que Rouen, Nantes, Bordeaux, Bayonne, Perpignan, Toulouse, Montpellier, Aix, Lyon, dont la recette montait à 728.000 francs.
Le bureau spécial de Versailles, où aboutissaient toutes les relations de la Cour avec l'étranger, figure modestement pour 31.300 francs de ports; ce qui ne surprendra guère si Ton songe que, dès ces temps reculés, les plis officiels jouissaient de la franchise diplomatique et que la formule, « pour les expresses affaires de Sa Majesté », couvrait nombre d'abus aimables qui ont survécu jusqu'à nos jours.