LE TRANSPORT DES MARCHANBISES
préféré de jadis, le trafic était à peine, en i850, le quart de ce qu'il était à la veille de la déclaration de guerre en 1914; on en verra plus loin
les motifs,
11 s'écrit plus de lettres qu'il ne se fait de voyages, mais il se véhicule, au poids, incomparablement plus de marchandises que de papiers postaux et de créatures humaines. Les anciens modes de transport étaient parvenus à assurer tant bien que mal la circulation des lettres et même des voyageurs, colis peu encombrants et peu lourds. Les quatre-vingt-dix objets de correspondance, - moitié lettres, moitié journaux ou imprimés, - que chaque Français recevait annuellement avant 1914 représentent, à vingt grammes chacun, une charge globale de 720.000 tonnes. Ce voyageur lui-même qui montait en chemin de fer quatorze fois par an et faisait en totalité 462 kilomètres sur le territoire de la République, admettez qu'il pèse individuellement 75 kilos, constituait, pour l'ensemble des réseaux, un poids total de un milliard 400 millions de tonnes kilométriques.
Qu'est-ce que cela, comparé aux 24 milliards détonnes de marchandises? Les chemins de fer transportaient donc au poids dix-sept fois plus de marchandises que de voyageurs. La tonne de
voyageurs (à 75 kilos par tête) payait 46 centimes par kilomètre ; mais la tonne de marchandises, en petite vitesse, payait dix fois moins, — quatre centimes et quart; — ce qui de nos jours permettait aux objets vulgaires et de peu de prix d'aller très loin, et ce qui explique aussi combien cela leur était autrefois impossible.
Notez, et c'est un point capital, que dans le prix perçu par le chemin de fer est compris Ventretien de la voie^ donr l'ancien roulage n'avait pas à tenir compte. Or, comment eût-on pu entretenir une route telle que celle de Paris à Lyon ou à Calais, sur laquelle eussent passé chaque jour des millions de kilos ? Répartie sur nos 40.000 kilomètres de chemins de fer, la charge annuellement transportée en 1913 ressortait en moyenne^ par kilomètre et par jour, à 2.000 tonnes, sans compter le poids des véhicules; quelle route pourrait, en temps normal^ supporter le passage quotidien de 1.000 charrettes poifànt chacune 2.000 kilos?
Il peut sembler extraordinaire et même invraisemblable que, pareil à M. Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir, chaque Français, avant la guerre, déplaçât inconsciemment, envoyât ou apportât chaque année, d'une distance moyenne de ?00 kilomètres, 6.500 kilos par terre ou par
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