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LE TRANSPORT DES MARCHANDISES

Avant la guerre, chaque Français transportait, ou l'on transportait à son intention, pour le charme ou la commodité de sa vie, treize cents tonnes par an à un kilomètre, soit treize mille kilos à la distance moyenne de cent kilomètres.

Telle était, rapportée à nos 39 millions de concitoyens, quel que fût leur âge ou leur sexe, et quelque modeste que fût leur rang sur Téchelle sociale, la part qui revenait alors à chacun d'eux dans le volume et le poids gigantesque des 50 milliards de tonnes kilométriques, déplacées chaque année à leur intention et pour leur compte, par les voies ferrées, fluviales ou maritimes, sans parler du mouvement de nos routes terrestres 'dont il n'existe aucune statistique.

Ce mouvement global de 50 milliards de tonnes chargées, déchargées, voituréespar ou poumons, se décomposait en 180 millions de tonnes effectuant sur nos chemins de fer un parcours de 135 kilomètres, 35 millions de tonnes accomplissant sur les canaux et rivières un trajet de 156 kilomètres, et 40 millions de tonnes importées ou exportées par mer d'une distance que, pour être sûr de rester au-dessous de la vérité, Ton peut chiffrer à 500 kilomètres en moyenne, puisqu'elles venaient en égale quantité d'Angle-

terre et d'Amérique ou d'Asie, faisant tantôt 30 kilomètres et tantôt 7.000 *.

Tous ces transports étaient une création récente : ils dataient de la seconde moitié du xix^ siècle. Celui des chemins de fer, qui remplaçait la traction animale sur certains points, ne Pavait pas diminuée; il s'était purement ajouté à elle : c'était un gain total. Le nombre des chevaux de trait ayant fort augmenté, ainsi que la longueur des routes^ ouvertes, on peut être sûr que les charrettes et camions dans leur ensemble véhiculaient en 1913 un poids très supérieur à celui d'il y a soixante ans 2. Quant aux transports maritimes, les entrées et sorties annuelles des ports français qui, — non compris le cabotage, — étaient, il y a cinq ans, de 51 millions détonnes, ne dépassaient pas 11 millions de tonnes en 1869 et 3 millions et demi en 1845. Enfin sur les fleuves et canaux qui, les premiers du moins, semblent avoir été le mode de locomotion

1. Noire commerce avec l'Angleterre se chiffrait, en valeur, par 2 milliards 400 millions et notre commerce avec les États-Unis, l'Argentine, le Brésil, les Indes^nglaises, la Chine et la Turquie, formait un total de près de 3 milliards. En poids, ces échanges respectifs étaient dans un rapport semblable à celui de la valeur.

2. Le nombre des entreprises de voitures publiques était de 14.000 en 1896 ; il était de 19.000 en 1909.

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