‹ L'évolution des moyens de transport [microform]. Voyageurs--lettres--marchandisesChapitre 48 sur 75 · LES TBANSPORTS PAR RIVIÈRES OU CANAUX · texte numérisé non relu

LES TBANSPORTS PAR RIVIÈRES OU CANAUX

Des méthodes vieillies disparaissent, leurs défauts n'étant plus masqués par un bon marché relatif : tels les trains de bois qui, depuis leur invention à la fin du xvi® siècle, semblaient ne pouvoir être pratiquement remplacés. La construction d'un train de bois bien couplé, avec futailles vides, coûtait 210 francs de main-d'œuvre sous Louis XV ; deux hommes le conduisaient de Clamecy à Paris pour 120 francs et l'on mettait 8 trains à la file, sous la haute main d'un voiturier inspecteur. En 1913, il passait parles voies navigables dix fois moins de bois que de houille mais, sur 1 .000 tonnes de bois, à peine s'il y en avait i8 de flotté.

Les temps féodaux, trop faibles pour violenter la nature, respectaient le lit des fleuves. Quand un port émigrait par ensablement, ils essayaient bien un peu de le retenir : à Aiguës - Mortes, au xiv® siècle, les autorités provençales dépensèrent à cette fin 320.000 francs sans résultat (1376). « Il faudrait, disait-on, pour purger le port des sables qui l'envahissent, établir un canal dans lequel on ferait passer le Rhône. » Charles VI signa plus tard des lettres patentes approuvant la construction de ce canal, mais on n'alla pas plus loin que cette signature. Quelques villes, quelques corporations de marchands se

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cotisaient modestement, de temps à autre, en vue d'un travail local : à Rennes sur la Vilaine, à Toulouse sur la Garonne « pour l'extirpation des rochers qui gênent la navigation ».

Les idées se firent jour de Henri IV à la Révolution, des plans furent dressés et Ton en exécuta plusieurs. Parmi ceux qui ne furent pas exécutés figure le « grand canal destiné à donner cours à la rivière de Seine autour de la bonne ville de Paris ». On estima les terrains à exproprier; on nomma et Ton paya des ingénieurs, des architectes, des contrôleurs, puis on n'y pensa plus (1636). C'était une idée de Richelieu, moins avisé en affaires qu'en politique, qui avait aussi projeté de faire à ses dépens un canal de jonction de la Gironde et de la Seudre (notable ruisseau de Tarrondissement de Jonzac) « pour faciliter le commerce de Bordeaux ».

Le canal de Briare, puis le canal du Midi, furent entrepris et achevés à grand effort et bien lentement; œuvres superbes et aussi audacieuses, pour le XVII* siècle, que le creusement moderne des canaux de Suez et de Panama. Les contemporains de Riquet, plus aptes à remuer des idées que de la terre, financiers à la bourse peu garnie, ingénieurs au bras encore peu puissant, ne disposaient pour leurs travaux publics d'aucun de

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