CHAPITRE XXI
Les transports par rivières ou canaux.
Au moyen âge, de 6 à 60 centimes la tonne kilométrique pour les transports fluviaux. - Aux temps modernes, de 14 centimes sur la Loire à 30 centimes sur la Garonne. - Moyenne de 21 centimes autrefois, de 1 centime aujourd'hui. — Rivières françaises raccourcies de 1.300 kilomètres depuis 25 ans. - Disparition des trains de bois; 18 tonnes de bois flotté sur 1.000. - Les temps féodaux respectent le lit des fleuves. -Projet de la Seine canalisée autour de Paris, sous Henri IV. - Canaux de Briare et du Midi. - 200 000 tonnes entre Bordeaux et Toulouse, par eau, en 1847: 25.000 par terre. - Le « plan Freycinet » ; longueur quintuplée des canaux. - Les vœux de Colbert. - 3 miUimes de fret sur le canal de Saint-Quentin en 1913.
Ce tarif, appliqué il y a soixante-dix ans, aux charrois de plusieurs tonnes, eut semblé incroyable au temps de Louis XVI, où l'on payait 1 franc sur routes de terre. Le prix de 26 centimes n'était obtenu aux siècles passés que sur les fleuves ou les canaux. Bien qu'on puisse noter
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au moyen âge des transports par eau depuis 6 centimes jusqu'à 60 pour des marchandises identiques, pour des pierres par exemple, les frets ne descendaient guère au-dessous de 14 centimes sur la Loire ou le canal de Briare et ils ne s'élevaient pas en général au-dessus de 30 centimes sur le canal du Languedoc, sur la Garonne ou sur le Rhin. Or, le fret sur canal ou sur rivière, que Ton peut évaluer à 21 centimes jadis, était en moyenne avant la guerre d'un centime par tonne kilométrique, réduit ainsi des 19 vingtièmes, dans une proportion presque pareille à celle des routes de terre du xviii* siècle comparées aux chemins de fer actuels. Ici le phénomène semble au premier abord moins explicable : la navigation fluviale s'est pourtant radicalement transformée. Elle évolue sans cesse : qui croirait que les rivières françaises, après s'être allongées de 1.000 kilomètres de 1847 à 1887, se sont raccourcies depuis vingt-cinq ans de 1.300 kilomètres? Non qu'elles aient géographiquement diminué et qu'elles n'occupent plus la même place sur la carte, mais économiquement leur longueur utile, d'abord prolongée par le commerce, a ensuite décru : les bateaux grandis ne daignant plus fréquenler les sections de cours d'eau trop étroites oû trop peu profondes.