‹ L'évolution des moyens de transport [microform]. Voyageurs--lettres--marchandisesChapitre 57 sur 75 · LES TRANSPORTS INTERNATIONAUX · texte numérisé non relu

LES TRANSPORTS INTERNATIONAUX

et officiers de la marine ». Au xviii- siècle, l'ex- . portation des laines brutes et l'importation des tissus fabriqués continuaient d'être interdites en Angleterre, qui « faisait, dit Savary, de grands profits sur nous et ne voulait pas que nous en fassions aucun avec elle ». La visite de la douane britannique, « minutieuse, vexante, indiscrète et même impertinente », dit un voyageur sous Louis XV, était cependant égale pour tous. Le duc de Bedford, ambassadeur d'Angleterre en France, retournant dans son pays, y était lui-même soumis.

Les grands seigneurs anglais avaient tous, de temps immémorial, « intérêt au négoce », tandis qu'en France on insinuait timidement « qu'il ne peut être déshonorable aux gentilshommes et autres personnes de qualité dans la robe de faire des sociétés en commandite, parce qu'ainsi ils ne font point le commerce et donnent seulement leur argent à intérêt » . Bien que ce goût de l'aristocratie britannique pour les affaires ait contribué à l'avance prise de bonne heure par son pays sur ce terrain, ses relations maritimes étaient bien précaires encore à la fin du xviii^ siècle.

Même avec le continent si proche les moyens de transport sont des plus rustiques, pour les gens comme pour les choses. Le docteur Smollet,

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. qui nous conte ses traversées en 1777, se plaint aussi fort de Douvres et de Folkestone que de Boulogne et de Calais : le cutter qui l'amène en France est une maudite baraque où la cabine est si petite qu'un chien y tournerait avec peine ; les lits, qui rappellent les trous des catacombes où les corps étaient glissés les pieds en avant, sont si sales que seule une extrême nécessité peut forcer d'en user. Parti de Douvres à sept heures du soir, il est à trois heures du malin en vue de Boulogne; mais le patron déclare que, le vent soufflant de lerre, il ne peut entrer au port ; la vraie raison est que le capitaine, « généralement un assez sale coquin », veut surtout économiser 16 shillings de droits à payer.

Aussi Smollet donne-t-il aux voyageurs qui le liront le conseil pratique de « ne transborder sous aucun prétexte. Si l'on vous dit que la mer est basse ou que vous avez le vent dans la figure^ répondez que vous attendrez la haute mer ou le vent favorable ». Pour lui, une fois embarqué dans le canot, il doit encore le quitter pour une barque française qui vient à leur rencontre par une mer houleuse à demi pleine d'eau. C'est un droit des marins de Boulogne, il faut en passer par là. Des hommes et des femmes pieds nus transportent, à côté de lui et de sa famille, lçiir§

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